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Des mercenaires financés par les EAU affluent en Libye

Un journal britannique a révélé de nouvelles preuves de l’implication des EAU dans le financement du transport de mercenaires pour combattre en Libye.

The Guardian a rapporté que des mercenaires étaient récemment arrivés en Libye pour combattre aux côtés des forces libyennes dirigées par l’allié d’Abu Dhabi, Khalifa Haftar contre le gouvernement internationalement reconnu de Tripoli.

Les dirigeants de deux groupes différents de combattants soudanais actifs en Libye ont déclaré lors de l’entretien avec le journal qu’ils avaient reçu des centaines de nouvelles recrues au cours des derniers mois. Les deux groupes se battaient avec les milices Haftar contre le gouvernement internationalement reconnu de Tripoli.

« Nous n’avons même pas la capacité d’accueillir un si grand nombre de jeunes hommes,  » a déclaré un commandant basé dans le sud de la Libye.

Les commandants ont déclaré qu’il y a au moins 3.000 mercenaires soudanais qui combattent actuellement en Libye, ce qui est beaucoup plus que la plupart des estimations précédentes.

Plusieurs groupes armés du Soudan et du Tchad ont participé en 2019 à des combats en Libye, détaille un rapport de l’ONU.

 Début novembre, un résumé du rapport des experts auquel avait eu accès l’AFP soulignait que la Jordanie, les Emirats arabes unis et la Turquie avaient violé régulièrement l’embargo avec des armements ayant bénéficié aux troupes de Haftar (pour les deux premiers pays), et au Gouvernement d’union nationale (GNA) de Fayez al-Sarraj pour Ankara.

Dans leur volumineux document, incluant photographies et cartes, les experts onusiens évoquent des matériels (missiles, drones…) notamment fabriqués en Russie, en Chine et aux Etats-Unis, en précisant cependant qu’ils n’apparaissent pas avoir été livrés directement par ces pays.

« Les deux parties au conflit ont reçu des armes et du matériel militaire et un appui technique et fait appel à des combattants non libyens, en violation des mesures de sanction liées aux armes », indiquent les experts.

En estimant que leur apport n’a pas été décisif pour le conflit, le rapport détaille cinq groupes soudanais et quatre groupes tchadiens.

Côté Soudan, il s’agit de l’Armée de libération du Soudan-Abdul Wahid avec 200 combattants, de l’Armée de libération du Soudan-Minni Minawi (300 combattants), et du Rassemblement des forces de libération du Soudan avec 500 à 700 combattants qui ont agi au profit du maréchal Haftar.

Les experts de l’ONU précisent que 1.000 soldats soudanais des Forces d’appui rapide ont été déployés en Libye le 25 juillet 2019 par un général nommé Mohamed Hamdan Dagalo.

Ils indiquent avoir pris connaissance d’un contrat signé à Khartoum le 7 mai 2019 entre le général Dagalo, au nom du Conseil de transition du Soudan, et la société canadienne Dickens & Madson (Canada) Inc.

Cette dernière s’efforcerait d’obtenir du Conseil militaire libyen dans l’est du pays des fonds pour le Conseil de transition en échange d’une aide militaire apportée à l’Armée nationale libyenne de Haftar…

Agissant pour le compte du GNA, le Mouvement soudanais pour la justice et l’égalité est intervenu de son côté notamment à Tripoli, selon le rapport.

« Le groupe d’experts estime que le Soudan et le général Mohamed Hamdan Dagalo, à qui incombe la responsabilité du commandement, violent tous deux » la résolution 1973 imposant un embargo sur les armes à la Libye, affirme le document.

Parmi les groupes tchadiens identifiés par les experts, figure au profit de Haftar le Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (700 hommes).

Deux autres mouvements recensés agissent pour son rival, Fayez al-Sarraj: le Conseil de commandement militaire pour le salut de la République (300 hommes) et l’Union des forces de la résistance, à la présence massive dans le sud de la Libye jusqu’en février 2019.

Un dernier groupe tchadien, l’Union des forces pour la démocratie et le développement, serait composé actuellement d’une centaine de combattants appartenant à des factions soutenant soit le GNA soit les forces armées de Haftar, selon les experts.

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