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Des renforts militaires égypto-émiriens pour les forces libyennes de Haftar

Des sources bien informées ont révélé que des renforts militaires sont arrivés d’Egypte et des EAU pour soutenir les forces du général libyen Khalifa Haftar, qui a commencé une opération de l’armée pour prendre d’assaut la capitale, Tripoli.

Les sources ont confirmé l’arrivée de trois avions-cargos militaires émiratis sur l’une des bases aériennes de l’est de la Libye, dont l’un transportait des militants provenant d’une base navale émiratie de la Corne de l’Afrique.

Les forces de Haftar ont employé des mercenaires de plusieurs pays, en particulier du Soudan, du Tchad et de la Russie, dans leur guerre pour attaquer Tripoli.

Deux autres avions, qui sont arrivés par l’espace aérien égyptien, transportant une cargaison d’armes et de véhicules blindés, selon Al-Araby Al-Jadeed.

Ces nouveaux renforts sont venus pour tenter de modifier l’équilibre des pouvoirs sur le terrain en faveur de Haftar, qui s’est rendu au Caire dimanche dernier, et dont les forces ont subi de lourdes pertes face aux militaires du Gouvernement d’entente nationale (GNA).

Le Caire et Abou Dhabi cherchent à faire adopter une résolution internationale visant à imposer un embargo aérien sur la Libye pour bloquer la voie face à l’intervention militaire turque.

Les sources ont expliqué qu’une réunion a eu lieu au Caire, à laquelle ont participé le président égyptien Abdel Fattah Al-Sisi, son ministre de la Défense, Mohamed Zaki, le directeur des services de renseignements généraux égyptiens, le général Abbas Kamel, et le directeur du service de renseignements militaires, le général Khaled Megawer, afin d’évaluer la situation libyenne.

The Guardian a rapporté que des mercenaires étaient récemment arrivés en Libye pour combattre aux côtés des forces libyennes dirigées par l’allié d’Abu Dhabi, Khalifa Haftar contre le gouvernement internationalement reconnu de Tripoli.

Les dirigeants de deux groupes différents de combattants soudanais actifs en Libye ont déclaré lors de l’entretien avec le journal qu’ils avaient reçu des centaines de nouvelles recrues au cours des derniers mois. Les deux groupes se battaient avec les milices Haftar contre le gouvernement internationalement reconnu de Tripoli.

« Nous n’avons même pas la capacité d’accueillir un si grand nombre de jeunes hommes,  » a déclaré un commandant basé dans le sud de la Libye.

Les commandants ont déclaré qu’il y a au moins 3.000 mercenaires soudanais qui combattent actuellement en Libye, ce qui est beaucoup plus que la plupart des estimations précédentes.

Plusieurs groupes armés du Soudan et du Tchad ont participé en 2019 à des combats en Libye, détaille un rapport de l’ONU.

Début novembre, un résumé du rapport des experts auquel avait eu accès l’AFP soulignait que la Jordanie, les Emirats arabes unis et la Turquie avaient violé régulièrement l’embargo avec des armements ayant bénéficié aux troupes de Haftar (pour les deux premiers pays), et au Gouvernement d’union nationale (GNA) de Fayez al-Sarraj pour Ankara.

Dans leur volumineux document, incluant photographies et cartes, les experts onusiens évoquent des matériels (missiles, drones…) notamment fabriqués en Russie, en Chine et aux Etats-Unis, en précisant cependant qu’ils n’apparaissent pas avoir été livrés directement par ces pays.

« Les deux parties au conflit ont reçu des armes et du matériel militaire et un appui technique et fait appel à des combattants non libyens, en violation des mesures de sanction liées aux armes », indiquent les experts.

En estimant que leur apport n’a pas été décisif pour le conflit, le rapport détaille cinq groupes soudanais et quatre groupes tchadiens.

Côté Soudan, il s’agit de l’Armée de libération du Soudan-Abdul Wahid avec 200 combattants, de l’Armée de libération du Soudan-Minni Minawi (300 combattants), et du Rassemblement des forces de libération du Soudan avec 500 à 700 combattants qui ont agi au profit du maréchal Haftar.

Les experts de l’ONU précisent que 1.000 soldats soudanais des Forces d’appui rapide ont été déployés en Libye le 25 juillet 2019 par un général nommé Mohamed Hamdan Dagalo.

Ils indiquent avoir pris connaissance d’un contrat signé à Khartoum le 7 mai 2019 entre le général Dagalo, au nom du Conseil de transition du Soudan, et la société canadienne Dickens & Madson (Canada) Inc.

Cette dernière s’efforcerait d’obtenir du Conseil militaire libyen dans l’est du pays des fonds pour le Conseil de transition en échange d’une aide militaire apportée à l’Armée nationale libyenne de Haftar…

Agissant pour le compte du GNA, le Mouvement soudanais pour la justice et l’égalité est intervenu de son côté notamment à Tripoli, selon le rapport.

« Le groupe d’experts estime que le Soudan et le général Mohamed Hamdan Dagalo, à qui incombe la responsabilité du commandement, violent tous deux » la résolution 1973 imposant un embargo sur les armes à la Libye, affirme le document.

Parmi les groupes tchadiens identifiés par les experts, figure au profit de Haftar le Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (700 hommes).

Deux autres mouvements recensés agissent pour son rival, Fayez al-Sarraj: le Conseil de commandement militaire pour le salut de la République (300 hommes) et l’Union des forces de la résistance, à la présence massive dans le sud de la Libye jusqu’en février 2019.

Un dernier groupe tchadien, l’Union des forces pour la démocratie et le développement, serait composé actuellement d’une centaine de combattants appartenant à des factions soutenant soit le GNA soit les forces armées de Haftar, selon les experts.

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