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 Emirates Leaks: Abou Dhabi impliqué dans des crimes de guerre en Libye

Un commandant militaire libyen appartenant aux forces du général Khalifa Haftar a reconnu que des drones des Émirats arabes unis étaient utilisées dans  l’attaque sur la ville de Gharyan au sud de la capitale Tripoli.

Le colonel Fawzi Bouharara, ancien commandant de la salle d’opérations à Gharyan de Haftar a reconnu dans une vidéo publiée par la chaîne « February » sur son compte « Facebook » que des drones des Émirats arabes unis étaient utilisées dans l’attaque sur la ville de Gharyan au sud de la capitale Tripoli.

Les forces loyales au gouvernement libyen d’union nationale (GNA), basé à Tripoli, ont affirmé lundi avoir repoussé une attaque des forces rivales du maréchal Khalifa Haftar, pour tenter de reprendre Gharyan, selon un porte-parole.

La perte fin juin cette base arrière située à 100 km à au sud-est de Tripoli a été un dur revers pour le maréchal Haftar parti le 4 avril à la conquête de la capitale libyenne, à plus de 1.000 km de son bastion de Benghazi (est).

« Des groupes de miliciens pro-Haftar se sont infiltrés dans des zones près de Gharyan et ont tenté d’avancer sous la couverture de drone pour reprendre la ville », a affirmé à l’AFP Moustafa al-Mejii, porte-parole des forces du GNA.

Il s’agit de la première tentative des forces pro-Haftar de reprendre cette ville stratégique où vivent 200.000 habitants.

« Nos forces, avec l’appui de l’armée de l’air, ont repoussé l’attaque avant de se lancer aux trousses de ceux qui se sont enfuis », a indiqué M. al-Mejii.

Selon ce porte-parole, ces combats ont fait huit morts et 10 blessés parmi les forces du GNA et des dizaines de morts et blessés dans le camp adverse, selon lui.

De leur côté, les forces pro-Haftar ont indiqué avoir perdu des hommes dans des combats sans donner de bilan.

« Toutes les missions préliminaires ont été menées comme convenu », a affirmé pour sa part le centre d’information des forces pro-Haftar, sans fournir de bilan des pertes.

« L’achèvement du plan pour la reprise du contrôle totale de Gharyan est imminent », a-t-il affirmé sur Facebook.

Le maréchal Khalifa Haftar a lancé une offensive pour conquérir Tripoli mais après près de cinq mois d’affrontements meurtriers, ses forces, freinées par celles loyales au GNA, sont restées aux abords de la capitale.

L’opération Volcan de la colère “Burkan Al-Ghadab” sous le commandement du gouvernement d’union nationale a confirmé dans un communiqué officiel publié sur Facebook que ses forces de défense avaient abattu un drone émirati, utilisé par les forces de Khalifa Haftar dans leurs attaques sur Tripoli et d’autres régions.

L’opération a révélé que le drone, fourni par les Emirats arabes unis aux forces de Haftar, tentait de frapper la ville de Misrata avant d’être abattu et détruit près de Misrata.

Les EAU sont un fervent défenseur de Haftar et de ses attaques contre Tripoli, et ont soutenu ses opérations Derna et Benghazi au cours des cinq dernières années.

A la fin du mois dernier, Mustafa al-Mujai, porte-parole de l’opération « volcan de la colère » du gouvernement d’union nationale internationalement reconnu, a déclaré que la base des Emirats Arabes Unis al-Kharrouba était devenue une cible légitime pour leurs forces.

« Nous allons faire en sorte que tous ceux qui ont signé l’accord établissant la base des EAU dans notre pays soient tenus responsables de leurs actes après la bataille avec Khalifa Hifter », a-t-il déclaré.

Les forces armées des Émirats utilisent la base militaire d’Al-Kharouba, située à environ 1 300 kilomètres au sud-est de la capitale Tripoli, pour transporter des armes, des experts militaires et des officiers soutenant Haftar dans sa guerre contre les villes libyennes.

L’Organisation des Nations Unies a exhorté les parties impliquées dans le conflit en Libye, y compris les Émirats arabes unis, à cesser de fournir des armes au pays.

« Le conflit armé en Libye ne montre aucun signe d’apaisement », a déploré Ghassan Salamé, le représentant spécial et chef de la Mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL), qui s’exprimait devant les membres du Conseil par visioconférence depuis Tripoli.

Ignorant les appels à la désescalade, les parties au conflit libyen ont intensifié leurs campagnes aériennes, avec des frappes ciblées menées par des avions et des drones armés, a constaté Salamé.

Selon le représentant spécial, la guerre autour de Tripoli, qui a débuté en avril, a déjà fait près de 1.100 morts, dont 106 civils, et des centaines de milliers de personnes ont dû fuir leur maison dans la capitale et aux alentours en raison des combats.

Le conflit en Libye ne se limite pas à Tripoli. Le gouvernement d’union nationale a lancé pour la première fois une attaque aérienne contre une base de l’Armée de libération libyenne à Jufra.

Salamé a également fait état d’une hausse du recrutement et de l’utilisation de mercenaires étrangers en Libye, parallèlement à l’utilisation croissante d’armes lourdes et d’attaques au sol.

« Les parties croient toujours qu’elles peuvent atteindre leurs objectifs par des moyens militaires », a regretté l’envoyé de l’ONU, estimant que « le présent et l’avenir de la Libye ne doivent pas être pris en otage par les parties belligérantes ».

« Les différentes parties libyennes importent, achètent ou reçoivent des armes de l’extérieur, ce n’est pas nouveau, avait-il dénoncé. Des États étrangers, qui se reconnaîtront, ont exporté directement ou indirectement des armes vers la Libye, et c’est une violation flagrante des résolutions du Conseil du sécurité », a déclaré Hassen Salamé lors d’une interview avec France24

Depuis le lancement début avril d’une offensive du maréchal Khalifa Haftar pour s’emparer de Tripoli, où siège le GNA, le Conseil de sécurité reste en panne d’accord sur une résolution réclamant un cessez-le-feu en Libye.

Le gouvernement d’union nationale basé à Tripoli et soutenu par la communauté internationale a annoncé son intention de poursuivre les Émirats arabes unis pour avoir soutenu des milices criminelles de Haftar et semé le chaos dans le pays.

Mustafa al-Mujaie, un porte-parole du gouvernement de Fayez al-Sarraj, a déclaré dans un communiqué que une équipe d’experts juridiques avait collecté des preuves sur les offrandes d’armes émises par les EAU aux forces de Haftar.

Le commandant de la principale salle d’opération des forces Haftar à Gharian, le colonel Ali Mohamed al-Sheikhi, a révélé lors de son interrogatoire par les forces du gouvernement de l’union nationale après son arrestation que des  soldats français et émiratis participaient à la gestion des opérations militaires à Tripoli.

Le ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis, Anwar Gargash, a également révélé que son pays soutient le maréchal  Haftar, qui mène une campagne militaire contre le gouvernement de l’union nationale à Tripoli, soutenu par la communauté internationale, affirmant qu’il « faisait face au terrorisme en Libye et à des groupes extrémistes appuyés  par la Turquie ».

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