Emirates Fuites

Surveillance électronique … les dernières méthodes du système des EAU pour violer la vie privée

Les Émirats arabes unis ont annoncé la mise en place du système de « surveillance électronique », dans une tentative de violer les droits des citoyens et des expatriés en traquant les mouvements des blogueurs et des militants des droits de l’homme et de restreindre les libertés personnelles.

Les personnes condamnées portent des bracelets électroniques. Le bracelet est doté notamment de deux cartes SIM capables de localiser le porteur par le biais d’un récepteur GNSS (Global Navigation Satellite System), en plus des radiofréquences.

Avec la technologie satellitaire, le bracelet permet de suivre chaque mouvement de la personne entre son domicile et son travail, et  savoir à quelle vitesse elle se déplace, si elle s’écarte de son trajet habituel ou si elle s’éloigne d’un périmètre donné.

Depuis avril dernier, les services judiciaires de l’État ont commencé à appliquer les décisions judiciaires rendues en plaçant les condamnés sous surveillance électronique, tandis que le ministère de l’Intérieur a annoncé qu’il était prêt à appliquer ces décisions, après l’expiration de la période légale spécifiée de six mois.

Le directeur du Département de l’inspection judiciaire du ministère de la Justice, le juge “Jasim Saif Bouasibh”, a reconnu qu ‘”en lançant la dernière phase de la mise en œuvre du plan national de surveillance électronique approuvé par le Conseil des ministres, les Émirats arabes unis sont devenus l’un des premiers pays au monde à mettre en œuvre ce système”.

L’application mobile de messagerie ToTok, développée par une société des Emirats arabes unis et devenue récemment populaire au Moyen Orient et ailleurs, a été supprimée des magasins d’applications de Google et d’ Apple après l’apparition de soupçons d’espionnage des utilisateurs.

Apple et Google ont confirmé ce lundi à l’AFP avoir supprimé l’application, dont le nom ressemble fortement à l’application chinoise beaucoup plus populaire TikTok, lancée en 2017.

Apple a indiqué que ToTok ne serait plus téléchargeable pendant que la firme étudiait la situation. Les personnes ayant déjà installé ToTok sur leurs smartphones peuvent continuer à l’utiliser.

Le New York Times a publié une enquête accusant les services de renseignement émiratis d’avoir un accès direct aux messages et conversation vidéo échangées sur ToTok, ainsi qu’aux données de géolocalisation, à la liste de contacts, aux caméras, micros et calendrier du téléphone.

Le journal américain s’appuie sur des sources du renseignement américain et des experts en cybersécurité.

ToTok, lancée cette année, est développée par Breej Holding, qui serait en réalité une société de façade de DarkMatter, une firme de cyber-renseignement et de piratage liée au gouvernement émirati, selon le Times.

Un rapport du renseignement américain cité par le Times lierait aussi ToTok à Pax AI, une société d’intelligence artificielle dont le siège est dans le même immeuble que l’agence d’écoute des Emirats arabes unis, à Abou Dhabi.

Dans un message publié lundi sur son site Internet pour répondre à des “rumeurs”, ToTok ne dément aucune de ces accusations, et parle essentiellement de son succès récent.

La société y affirme respecter “les obligations légales locales et internationales” dans le domaine de la protection de la vie privée, sans dire lesquelles.

ToTok a confirmé ne plus être disponible sur l’Apple Store et le Google Play Store, mais attribue cette indisponibilité à “un problème technique”.

Google a contredit cette assertion, en déclarant à l’AFP : “ Nous pouvons confirmer que nous avons supprimé l’app pour un problème de règles”.

Patrick Wardle, ancien hacker de l’agence d’espionnage américaine National security agency (NSA) interrogé par le Times, a écrit sur un blog que le “génie” de ToTok semblait être que l’application opérait en toute légitimité, puisque les utilisateurs lui ouvraient eux-mêmes les portes de leurs contenus les plus personnels, sans avoir conscience qu’ils étaient ensuite potentiellement exploités par un service de renseignement.

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