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Un mandat d’arrêt international émis par la turquie contre Mohammed Dahlan

La Turquie s’est engagée à récompenser d’une prime de quatre millions de lires (700 000 dollars)  toute personne apportant des informations menant à  l’arrestation de Mohammed Dahlan, ancien responsable du Fatah palestinien vivant en exil aux Émirats arabes unis.

Les autorités turques ont émis à la fin du mois dernier (novembre) un mandat d’arrêt international contre Dahlan.

Dahlan est accusé par la Justice turque d’être impliqué dans la tentative de coup d’État du 15 juillet 2016 et d’avoir plus récemment joué un rôle dans l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi l’année dernière au consulat d’Arabie Saoudite à Istanbul.

Le mois dernier, le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, a accusé les Emirats arabes unis d’héberger “un terroriste” [Dahlan] qui s’est enfui parce qu’il est un agent d’Israël”.

Cavusoglu a également tenu pour responsable les EAU, qui entretiennent des relations tendues avec la Turquie, d’essayer de remplacer Abbas par Dahlan.

Lors d’une interview accordée à la chaîne saoudienne MBC, Dahlan a sévèrement critiqué l’invasion turque en Syrie et a déclaré: “Erdogan nourrit des illusions et est un malade mental. Il espère conquérir le monde arabe et reconstituer l’empire ottoman”.

Mohammad Dahlan a critiqué l’opération militaire turque dans le nord de la Syrie. Il a déclaré dans un communiqué de presse transmis par message électronique que “nous condamnons dans les termes les plus forts l’invasion militaire turque dans le pays arabe frère qu’est la Syrie, sous de faux prétextes”.

Dahlan, chef de la sécurité de l’AP à Gaza avant que le Hamas ne prenne le contrôle de la bande côtière en 2007, est en exil à Dubaï depuis 2010 et a été suspendu par le Fatah en raison de son implication présumée dans un complot visant à renverser Abbas. Dahlan nie ces accusations.

Il a ensuite été reconnu coupable par contumace par un tribunal anticorruption à Ramallah en décembre 2016 d’avoir volé des fonds publics avec Mohammed Rashid, ancien conseiller économique du défunt président palestinien Yasser Arafat, et Walid Najab.

Dahlan a été condamné à trois ans de prison et à une amende de 16 millions de dollars, mais a déclaré que le procès était politique et une conséquence de sa rivalité avec Abbas.

Depuis son exil, Dahlan a établi des liens étroits avec les dirigeants des Émirats arabes unis ainsi que le gouvernement du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi.

Le prince héritier d’Abou Dhabi, Mohammed ben Zayed al-Nahyane, est accusé de servir d’intermédiaire des Etats-Unis et d’Israël en Europe de l’Est et de tenter d’exploiter un marché de l’armement peu réglementé en Serbie pour distribuer des armes au Moyen-Orient.

Derrière ces investissements colossaux se cache la silhouette obscure de Mohammed Dahlan, l’homme fort palestinien en exil. Il serait au centre d’un réseau facilitant les communications entre les Emirats et les services de renseignements américains et israéliens, tout en favorisant les investissements douteux des Emirats en Serbie, qui ont rempli les poches de leurs dirigeants politiques.

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