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Ministère libyen des Affaires étrangères : le gouvernement présenterait des preuves sur l’implication des Émirats dans les crimes perpétrés à l’encontre des Libyens

Le ministère libyen des Affaires étrangères s’est engagé, vendredi, à poursuivre en Justice les pays qui ont soutenu le Général putschiste Khalifa Haftar, pour leurs crimes à l’encontre des Libyens.

Le porte-parole du ministère, Mohamed al-Qiblawi, a déclaré aux médias que “les pays qui ont soutenu Haftar seront poursuivis en Justice pour les crimes perpétrés à l’encontre des Libyens”

Et d’ajouter que le ministère “rappelle aux pays alliés de Haftar que leurs crimes sont énormes, leurs calculs sont faux et leur pari est perdant”.

Il a assuré que “le peuple libyen refuse le retour de la dictature”.

“Le mensonge de la lutte contre le terrorisme n’est plus crédible car notre armée est la première a avoir éliminé les terroristes à Syrte et dans toutes les villes libyennes”, a souligné al-Qiblawi.

Le porte-parole a salué, fièrement, les victoires du pays après la libération totale des frontières administratives de la capitale Tripoli et l’élimination de l’ennemi ainsi que la reprise du contrôle sur la ville de Tarhounah, sans pertes humaines.

Il a souligné que la prise du contrôle de tout le territoire libyen par le gouvernement est une nécessité pour diriger le processus politique, sans recours aux armes.

Plus tôt dans la journée, l’armée avait annoncé la libération de la ville stratégique de Tarhounah, située à 90 km au sud-est de Tripoli, au lendemain de la libération totale de la capitale Tripoli de l’emprise des milices de Haftar.

Le 18 mai dernier, le ministère libyen des Affaires étrangères s’était engagé à collaborer avec tous les ministères concernés pour “documenter les violations des pays alliés au putschiste Haftar”, à travers les armes saisies à la base d’al-Wattia (ouest).

Le jour même, al-Qiblawi avait déclaré aux médias que son gouvernement présenterait des preuves sur l’implication des Émirats dans les crimes perpétrés à l’encontre des Libyens et la violation des résolutions internationales.

Des experts des Nations Unies ont découvert la tenue d’une mission secrète de sociétés militaires privées occidentales avec siège aux Emirats arabes unis en Libye, selon un rapport confidentiel consulté par DPA, l’agence de presse allemande.

En juin 2019, vingt personnes embarquent dans un avion-cargo à Amman, la capitale jordanienne, direction Benghazi.

Ces hommes, selon dpa, viennent d’Australie, de France, du Royaume-Uni, des Etats-Unis, de Malte et d’Afrique du Sud.

Ces personnes devraient mener des « études géophysiques et hyper spectrales » au nom de la Jordanie. C’était pour détourner l’attention, affirment les experts de l’Onu.

La mission aurait été conduite par des agences de sécurité qui ont leur siège aux Emirats arabes unis, un pays qui soutient Khalifa Haftar.

Depuis 2014, la Libye est le théâtre d’une guerre par procuration. Mais il faut faire très attention de ne pas tomber dans une vision simpliste des soutiens aux deux camps libyens, selon Roumania Ougartschaska, spécialiste de la Libye :

« La Russie n’est pas forcément dans un camp, comme les États-Unis ne sont pas forcément dans le camp adverse. Au sol, ce ne sont ni les forces russes, ni des forces turques, ni des forces américaines. Ceux qui ont véritablement des unités au sol sont des sociétés militaires privées. »

Mme Ougartschaska soutient par exemple qu’en Russie et aux Etats-Unis, deux administrations distinctes du même pays soutiennent un camp contre l’autre en Libye.

Selon dpa, l’opération mise sur pieds visait à attaquer des bateaux turcs soutiens de Fayez al-Sarraj, président du Gouvernement d’union nationale (GNA), à l’ouest, rival de Khalifa Haftar qui contrôle l’est du pays.

Mais celle-ci n’a pas été conduite jusqu’au bout, les vingt mercenaires, présentés comme des travailleurs dans le domaine du pétrole, ayant quitté la Libye à cause de l’insécurité actuelle.

Mardi (12.05.20), le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, accusait les Emirats arabes unis de « semer le chaos » en Libye.

Pourtant, grâce à la Turquie, depuis quelques mois, le Gouvernement d’union nationale inflige des échecs à Khalifa Haftar. Roumania Ougartschaska constate aussi des victoires du camp al-Sarraj sur les troupes fidèles à Haftar :

« Clairement sur le territoire, oui, le terrain est occupé majoritairement par l’armée. Mais si on regarde du côté de l’équipement de pointe militaire, c’est plutôt le côté GNA, avec l’équipement turc, qui semble en ce moment en train de renverser cette situation. »

Samedi (23.05.20), des forces fidèles à Fayez al-Sarraj ont ainsi repris au maréchal Haftar trois camps militaires au sud de Tripoli.

Depuis l’offensive du maréchal, on enregistre des centaines de morts et la fuite de quelque 200.000 personnes. Des tirs et des explosions ont encore été entendus ces dernières heures dans la capitale libyenne.

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