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Les EAU accusés de continuer à s’ingérer dans les affaires du Soudan

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Le ministre des Affaires étrangères des Emirats arabes unis, Anwar Gargash, a déclaré dimanche que le Soudan a tourné la page du régime des Frères musulmans.

« Le Soudan est en train de tourner la page du gouvernement d’Al Béchir et des Frères Musulmans en une nouvelle ère de son histoire politique vers un régime civil », a écrit Gargash sur Twitter. « La voie vers un état d’institutions, de stabilité et de prospérité ne sera pas facile, mais nous avons une confiance dans le Soudan et son peuple. »

Le Conseil militaire qui dirige le Soudan et les leaders de la contestation sont parvenus à un accord, ce samedi 3 août, sur une déclaration constitutionnelle qui ouvre la voie à un transfert du pouvoir aux civils dans le pays.

Cette déclaration constitutionnelle définit les pouvoirs du conseil de souveraineté, du Premier ministre et du conseil législatif au cours de la période transitoire. Elle aborde également l’affiliation des organes sécuritaires et militaires ainsi que les commissions électorale, des frontières et de la paix.

Le 17 juillet, le Conseil militaire de transition et l’alliance d’opposition ont signé une déclaration politique déterminant les structures politiques de la période de transition. Elle prévoit aussi l’établissement d’un conseil de souveraineté conjoint composé de 11 membres, soit cinq représentants civils, cinq représentants militaires et un représentant civil supplémentaire dont la désignation se fera par consultation mutuelle.

Le pays sera dirigé durant cette transition de 39 mois par un « Conseil souverain » composé de cinq militaires et six civils, dont cinq issus de l’Alliance pour la liberté et le changement (ALC), fer de lance de la contestation. La présidence du Conseil de souveraineté sera pour sa part entre les mains des généraux pour les 21 prochains mois, avant que l’opposition civile ne l’occupe pendant les 18 mois suivants.

Les points encore en suspens portaient sur les pouvoirs de ce Conseil souverain, sur le déploiement des forces de sécurité et sur l’immunité de généraux impliqués dans la répression de la contestation, explique le journal français Le Monde.

« C’est une avancée de plus après la signature de l’accord politique cadre de la période de transition », a estimé Rachid Saïd Yacoub, porte-parole de l’Association des professionnels du soudan (APS) ayant contribué au mouvement de contestation populaire, cité par la radio française RFI.

« Les principaux points dans cette déclaration constitutionnelle, c’est la création des trois autorités de transition. Il y aura le Conseil de souveraineté partagé entre les militaires et les civils – 6 civils et 5 militaires – avec une présidence, pour les militaires, pendant les 21 premiers mois. Durant le reste de la période de transition de trois ans, la présidence sera pour les civils, avec des pouvoirs limités sauf pour l’armée et les services de sécurité », a indiqué le porte-parole.

« Il y aura aussi un Conseil de ministres avec plein de pouvoirs exécutifs, qui sera dirigé par un Premier ministre et 18 ministres nommés par les Forces de changement et de liberté, ainsi que le ministre de la Défense et le ministre l’Intérieur qui seront nommés par le Conseil militaire de transition », a annoncé M. Yakoub, précisant qu’une troisième institution sera mise en place, à savoir « le Parlement transitoire ou le Conseil législatif qui sera constitué de 300 membres. Les deux tiers seront désignés par les Forces de changement et de liberté et un tiers sera désigné par le Conseil militaire et les forces de liberté et de changement, en consultation entre les deux », a-t-il indiqué.

L’accord total parvenu entre militaires et opposition civile intervient après plusieurs mois de tensions ayant suivi la destitution par l’armée du président Omar El-Béchir en avril.

Le tweet de Gargash a suscité de très nombreuses réactions indignées qualifiant la position des Émirats arabes unis de “dégoûtante” et “honteuse” .