Emirates Fuites

La face cachée des Emirats Arabes Unis

L’éditorialiste et chroniqueur Michel Taube a “traversé le miroir” de la pétromonarchie des Al-Nahyane pour révéler la face cachée de ce pays aux prétentions expansionnistes.

Dans un livre intitulé La Face cachée des Emirats arabes unis, paru ce mois novembre, l’auteur mène une enquête dans le monde arabe et dans les pays anglo-saxons sur l’influence les Émirats arabes unis en France, en Europe et en Afrique, en particulier au Maghreb.

Le journaliste a effectué une “plongée dans les profondeurs d’un système occulte, régi par une stratégie subtile de dissimulation, de mensonges et d’infiltration”.

Michel Taube, dans une interview accordée au magazine politique et parlementaire français, a déclaré que la décision de l’Union européenne d’inscrire les EAU sur la liste des paradis fiscaux gris et noirs, qu’elle a supprimée par la suite, « l’a encouragé à rechercher ce que les EAU cachent derrière la “belle vitrine” que reflète ce pays avec ses “plages paradisiaques”, son “architecture avant-gardiste” et son «hymne à la tolérance”.

“Mais lorsque nous traversons le miroir, nous découvrons un autre pays où le souverain de Dubaï a décidé d’inscrire ces merveilles sur la liste européenne des paradis fiscaux. Le prince héritier d’Abou Dhabi mène une sale guerre au Yémen. Les Émirats arabes unis sont l’un des pays les plus influents en France, en Europe et en Afrique. . Il est derrière toutes les contre-révolutions dans le monde arabe.” ajoute-il.

En France et en Europe, l’accent est mis sur l’Arabie saoudite, son régime répressif et le prince héritier Mohammed bin Salman, « le boucher qui a assassiné Jamal Khashoggi », a déclaré Taube.

En fait, bin Salman a son homologue à Abou Dhabi, Mohammed bin Zayed, l’homme fort des Émirats arabes unis, qui mène la même politique au Moyen-Orient, en Europe et en Afrique.

Human Rights Watch a souligné que les autorités émiraties ont en fait renforcé leurs mesures contre la liberté d’expression et d’association depuis 2011.

Elles ont recouru à des dispositions vaguement formulées du code pénal du pays et à d’autres lois, afin d’emprisonner des personnes ayant critiqué de manière pacifique le gouvernement, des dissidents politiques et des défenseurs des droits humains. Parmi eux figurent Ahmed Mansoor, lauréat du prix Martin Ennals et membre du comité consultatif de Human Rights Watch sur le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord ; Mohammed al-Roken, professeur d’université et avocat spécialisé dans la défense des droit humains : et Nasser bin Ghaith,, un éminent universitaire.

“Malgré ses belles paroles sur la tolérance, le gouvernement des Émirats arabes unis n’a fait aucun effort pour améliorer son propre bilan en matière de droits humains”, a observé Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient à Human Rights Watch. “Pour vraiment faire preuve de tolérance, les EAU devraient commencer par libérer tous les individus qui sont injustement emprisonnés simplement pour avoir exprimé leur désaccord avec les discours officiels.”

Ahmed Mansoor a été arrêté en 2017 et accusés d’avoir publié sur les médias sociaux de “fausses informations portant atteinte à l’unité nationale “. Les autorités l’ont détenu dans un lieu secret pendant plus d’un an, sans qu’il puisse consulter un avocat, puis l’ont condamné en mai 2018 à 10 ans de prison.

Nasser Bin-Ghaith purge une peine de 10 ans de prison, basée sur des accusations portées contre lui suite à des propos critiques exprimés à l’encontre des autorités émiraties et égyptiennes.

Mohammed al-Roken, ex-président de l’Association des juristes des Émirats arabes unis, a été jugé avec 68 autres personnes en 2013 pour “ tentative de renversement du gouvernement “, lors d’un procès inéquitable, et condamné lui aussi à 10 ans de prison.

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