Emirates Fuites

Emirates pourrait mettre quatre ans pour un retour à la normale (PDG)

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Emirates, la plus grosse compagnie aérienne du Moyen-Orient, pourrait mettre quatre ans pour retrouver une situation normale, a déclaré lundi son PDG, au lendemain de l’annonce de suppressions d’emplois en raison de la crise liée au nouveau coronavirus.

La compagnie des Emirats arabes unis emploie 100.000 personnes et possède une flotte de 270 gros-porteurs. Elle a suspendu ses activités fin mars et annoncé l’arrêt de ses vols, confrontée à la pandémie.

Deux semaines plus tard, la compagnie a repris des opérations limitées et s’est concentrée sur les vols de rapatriement d’étrangers bloqués aux Emirats.

“Je pense que d’ici 2022-2023, 2023-2024, nous verrons probablement les choses revenir à un certain degré de normalité et Emirates exploitera son réseau tel qu’il était”, a déclaré lundi son PDG, Tim Clark, en visioconférence pendant le salon de l’Arabian Travel Market, consacré au tourisme.

Emirates Airlines serait sur le point de licencier 192 pilotes, principalement des cadets et de nouvelles recrues, alors que la pandémie de Covid-19 l’a obligée à clouer au sol une grande partie de sa flotte – dont tous les Airbus A380.

Selon plusieurs sources, la compagnie basée à l’aéroport de Dubaï a convoqué les pilotes en question pour leur faire part du préavis de sept jours à leur licenciement – mais leur paiera 14 jours vu la situation.

Dans un communiqué sur les réseaux sociaux, un porte-parole de la compagnie émiratie a déclaré : “ Pendant ces moments difficiles et bien que nous ayons lentement commencé notre retour dans le ciel en respectant les mesures de sécurité (…), nous nous sommes efforcés de maintenir la famille actuelle telle quelle. Nous avons examiné tous les scénarios possibles afin de soutenir nos opérations commerciales, mais nous sommes arrivés à la conclusion que nous devons malheureusement dire au revoir à quelques-unes des personnes formidables qui ont travaillé avec nous “.

Emirates Airlines n’a pas précisé le nombre de licenciements prévus, alors qu’à la mi-mai l’agence Bloomberg évoquait 30.000 départs sur un effectif de 105.000 employés pour le groupe. Le Sheikh Al Maktoum avait auparavant été clair : “nous prévoyons qu’il faudra au moins 18 mois, avant que la demande de voyages ne revienne à un semblant de normalité “. La compagnie a en revanche clairement nié l’information selon laquelle elle préparerait un départ accéléré de sa flotte de 46 des 115 Airbus A380 livrés.

Emirates –qui a enregistré une hausse de 21% de ses bénéfices pour l’exercice annuel s’achevant en mars– espérait reprendre ses activités dès la seconde moitié du mois de mai, a précisé le PDG.

Mais les conditions ne se sont pas suffisamment améliorées pour le permettre, et cela a eu un impact sur la compensation des coûts liés à la pandémie, a-t-il ajouté.

Clark, dont la retraite prévue en juin a été reportée, a estimé que certaines compagnies pourraient ne pas survivre à la crise.

“Je ne suis pas optimiste quant au fait que certains des transporteurs représentés ici aujourd’hui, qui ont déjà été renfloués de manière significative, vont passer les prochains mois”, a-t-il dit, ajoutant que les six à neuf prochains mois seront “difficiles”.

“Nous n’avons jamais connu une situation aussi épouvantable (…) Il s’agit d’un changement structurel énorme pour notre industrie”, a poursuivi le PDG de longue date d’Emirates.

L’Association internationale du transport aérien (IATA) a estimé que les compagnies aériennes mondiales perdront 314 milliards de dollars en recettes en 2020, soit une chute de 55% par rapport à 2019.

“Nous devons nous remettre sur pied le plus rapidement possible”, a déclaré M. Clark, dont la compagnie a commandé 30 Boeing 787, 126 Boeing 777X ainsi que 50 Airbus A350-900 et quelques Airbus A-380.

Mais “nous sommes loin d’être confiants sur le fait que (…) notre trésorerie, notre bénéfice nous permettra de pouvoir deviner que nous achèterons une centaine de ça ou une centaine de ceci”, a-t-il ajouté, évoquant de nouvelles commandes d’avions.

L’industrie aérienne est dans “un état très critique et fragile” et fait face à des “problèmes importants de trésorerie.”

“La réalité aujourd’hui, c’est que, comme pour toutes les compagnies aériennes, tous les paris sont ouverts (…) Vous devez repenser vos priorités et l’une d’elle est de survivre”, dit-il.