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EAU : Un défenseur des droits de l’homme syrien risque d’être placé en détention de longue durée

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Un groupe d’experts de l’ONU a exprimé, dans une lettre au gouvernement des EAU,  sa profonde inquiétude concernant les rapports sur la disparition forcée d’Al-Nahhas, sa détention au secret, sa torture et ses mauvais traitements.

Abdulrahman Muhammad Al- Nahhas est un défenseur des droits de l’homme. Il est le fondateur d’Insan Rights Watch, qui surveille les violations des droits de l’homme et les crimes internationaux en Syrie. En 2011, M. Al- Nahhas a été arrêté en Syrie par les forces de sécurité de l’État après avoir filmé des violations des droits de l’homme se produisant dans sa ville natale dans le pays. Il a été libéré fin 2012 et a fui en Égypte. Il s’est installé aux Émirats arabes unis en juillet 2013.

En juillet 2013, M. Al- Nahhas s’est installé aux Émirats arabes unis et a travaillé en tant que superviseur des achats dans la municipalité de Zayed City, à Abu Dhabi, où il a poursuivi ses activités de défense des droits humains.

En janvier 2017, le défenseur des droits humains a écrit à l’ambassade de France pour demander l’asile politique en France, car il craignait pour sa sécurité aux EAU.

Le 23 décembre 2019, les forces de sécurité de l’État des EAU ont arrêté M. Al- Nahhas à son domicile à Abu Dhabi, où il vivait seul. Après son arrestation, le défenseur des droits humains a été victime d’une disparition forcée dans un centre de détention secret, où il a été détenu au secret jusqu’à son transfert à la prison d’Al Wathba, à Abu Dhabi, en janvier 2021, où il est actuellement détenu.

Après son arrestation, le sort de M. Al- Nahhas et le lieu où il se trouve n’ont pas été communiqués à sa famille. M. Al-Nahhas n’a été autorisé à appeler sa famille pour la première fois que le 7 janvier 2021. Depuis cet unique appel, toute communication avec sa famille aurait été coupée.

Pendant sa détention au secret, M. Al-Nahhas aurait été forcé de signer un document alors qu’il avait les yeux bandés, sous la menace du procureur d’être expulsé vers la Syrie et remis aux autorités syriennes pour être exécuté. Il aurait également été soumis à divers actes de torture pendant cette période.

Le 23 mars 2020, il a été inculpé par le parquet de la sûreté de l’État de ” fourniture de fausses informations sur le pays à une organisation internationale ” et de ” communication avec une organisation terroriste “, en lien avec son contact avec une ONG de défense des droits de l’homme basée en Suisse, et d'” atteinte au prestige de l’État ” , en raison du courriel qu’il avait envoyé en 2017 à l’ambassade de France.

Depuis le 7 janvier 2021, M. Al- Nahhas est privé de tout contact avec sa famille. Il s’est également vu refuser le droit d’être représenté par un avocat de son choix, son avocat, qui a été désigné par le parquet de la sûreté de l’État, a refusé de fournir à sa famille toute information sur son affaire, y compris le numéro de l’affaire, et aurait déclaré que le défenseur des droits humains est ” coupable “, que ” les preuves contre lui sont suffisantes ” et qu’il sera condamné à dix ans d’emprisonnement.

Dans la communication, le groupe a exprimé ses inquiétudes concernant l’intégrité physique et psychologique de M. Al-Nahhas suite à sa disparition forcée, sa détention au secret, ses tortures et mauvais traitements, ses arrestations et détentions arbitraires. Il a également fait part de ses graves préoccupations concernant les allégations de violations des procédures régulières durant son procès, notamment par le refus de son droit à désigner un avocat de son choix. Les experts craignent que ces actes semblent avoir été perpétrés en représailles à l’exercice légitime par M. Al-Nahhas de son droit à la liberté d’expression et à son travail pacifique pour promouvoir et protéger les droits de l’homme.