Amnesty International a recueilli de nombreuses preuves que les Émirats arabes unis ont utilisé des drones militaires en Libye.
Philippe Nassif, directeur du plaidoyer pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord à Amnesty International USA, a déclaré que les États-Unis prévoyaient de vendre 18 drones armés d’une valeur d’environ 2,9 milliards de dollars aux Émirats arabes unis (EAU) :
« Les États-Unis doivent s’abstenir de fournir des armes qui pourraient être utilisées dans le conflit et ne pas transférer d’armes aux Émirats arabes unis, sous peine de se rendre complices de crimes de guerre probables au Yémen”
Depuis le début des frappes aériennes de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis en mars 2015, Amnesty International a enquêté sur des dizaines de sites de frappes aériennes dans huit gouvernorats et a trouvé à plusieurs reprises des restes de munitions fabriquées aux États-Unis.
Amnesty International a examiné les bombes Raytheon Paveway fabriquées aux États-Unis qui ont frappé des hôpitaux, des écoles et des habitations civiles, tuant des professionnels de la santé, des enseignants et des familles entières, y compris des enfants.
La vente aux Émirats arabes unis est particulièrement inquiétante car Amnesty International a acquis de nombreuses preuves que les Émirats arabes unis ont utilisé des drones armés en Libye, pour briser l’embargo sur les armes imposé de longue date par les Nations unies, en faisant fonctionner ces drones au nom des forces Haftar, dans le conflit contre le gouvernement d’accord national soutenu par la communauté internationale.
En outre, les EAU ont utilisé ces drones pour cibler des maisons et des établissements de santé civils, y compris des hôpitaux de campagne et des ambulances, ce qui est particulièrement inquiétant car les médecins, les transports médicaux et les établissements médicaux, y compris ceux qui soignent les combattants blessés ou malades, sont spécialement protégés par le droit humanitaire international.
Amnesty International USA demande aux États-Unis de cesser immédiatement les transferts d’armes, d’équipements et d’assistance militaire à toutes les parties au conflit pour utilisation au Yémen ; et d’appliquer l’embargo sur les armes des Nations unies à la Libye en interdisant le transfert d’armes et d’équipements susceptibles d’être utilisés dans le conflit armé qui s’y déroule.

