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La mort d’Alia Abdenour : Les autorités émiraties doivent rendre des comptes

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À l’occasion du deuxième anniversaire de la mort de la militante émiratie Alia Abdelnour, décédée le 4 mai 2019, le Centre international pour la justice et les droits de l’homme (CIDH) appelle les autorités émiraties à mener une enquête sérieuse et indépendante sur toutes les violations dont Alia a fait l’objet et qui ont conduit à la détérioration de sa santé.

Alia Abdulnour est décédée à l’hôpital al Tawam, dans l’émirat d’Al Ain, aux Émirats arabes unis, après s’être vu refuser une autorisation de sortie par le procureur général, malgré son état de santé. En effet, son état de santé s’est terriblement détérioré à cause du cancer, suite à son arrestation par l’Agence de sécurité de l’État le 28 juillet 2015.

Elle a été exposée à la disparition forcée, à la torture et aux mauvais traitements ; en outre, les autorités ne l’ont pas immédiatement transférée à l’hôpital, elles l’ont laissée souffrir et ont refusé de la libérer pour qu’elle puisse passer ses derniers jours avec sa famille chez elle.

Les autorités ont délibérément violé le droit d’Abdennour à des soins médicaux après la détérioration de son état de santé, la propagation du cancer dans tout son corps, son incapacité à se tenir debout et à marcher sans aide, et la gravité de ses douleurs, son ostéoporose et son poids très faible.

Malgré les multiples plaidoyers soumis par sa famille et l’appel des experts de l’ONU et des organisations de la société civile, les responsables émiratis ont refusé de la libérer pour des raisons médicales. Le samedi 4 mai 2019, Alya Abdenour, toujours enchaînée à son lit, est finalement morte en détention.

De nombreuses demandes internationales ont appelé à enquêter sur les circonstances de la mort de Alia et sur son exposition à la torture et aux mauvais traitements en plus de sa privation de soins médicaux adéquats, ce qui a été confirmé à la fois par la porte-parole du Haut-Commissariat aux droits de l’homme Mme Ravenna Shamdazani et le porte-parole de l’Union européenne le 7 mai 2019, qui ont exhorté les autorités des EAU à respecter leurs obligations en matière de lutte contre la torture et à revoir la loi antiterroriste.

En septembre 2019, le Secrétaire général a publié son  » Rapport sur les représailles « , une compilation publique des cas signalés d’intimidation et de représailles à l’encontre des personnes coopérant avec l’ONU, dans lequel il a fait état des nombreuses violations commises par la Sécurité d’État et l’Administration pénitentiaire émiraties à l’encontre de Alia.

La CIJDH confirme que les autorités des Émirats arabes unis refusent toujours de fournir les soins médicaux nécessaires aux prisonniers et continuent de les traiter de manière humiliante dans la prison d’Al Wathba, ce qui a conduit les détenues Amina Al-Abduli et Maryam Al-Balushi à entamer des grèves de la faim en raison de la négligence délibérée de leur état de santé. La CIJDH craint que les deux détenues ne connaissent le même sort que Alia Abdelnour.

La CIJDH renouvelle sa demande au gouvernement et au procureur des Émirats arabes unis d’ouvrir une enquête sérieuse et impartiale sur l’exposition d’Alia Abdelnour à la torture, aux mauvais traitements, à la disparition forcée et à la négligence de son état de santé avant sa mort, de tenir les responsables responsables et de donner à sa famille le droit à la réparation, au recours et à la réhabilitation. Le centre demande également aux responsables de traduire en justice le Procureur de la République pour son refus de libérer Abdenour pour raisons médicales malgré la détérioration de son état et l’existence d’un texte de loi le permettant.