Huit Libanais qui étaient détenus aux Émirats arabes unis sont arrivés mardi à Beyrouth, à bord d’un avion de la Middle East Airlines en provenance de Dubaï, suite à leur libération, obtenue grâce à une médiation du général Abbas Ibrahim, directeur de la Sûreté générale libanaise.
Plusieurs Libanais vivant aux Émirats, en majorité des musulmans chiites, ont été condamnés ces dernières années pour des liens présumés avec le mouvement chiite du Hezbollah.
Le poids lourd de la vie politique libanaise, protégé de Téhéran, est qualifié de groupe “terroriste” par plusieurs monarchies du Golfe.
Certains des Libanais concernés par l’accord sont détenus depuis deux ans, d’autres ont été interpellés il y a quatre ou huit mois, a précisé le directeur général de la Sûreté générale, Abbas Ibrahim, sans fournir davantage de détails sur les motifs de leur arrestation.
Dimanche déjà, un Libanais libéré par les Émirats est rentré dans son pays et “les dix autres devraient arriver demain”, a souligné Abbas Ibrahim.
L’agence Nationale d’information (ANI) a confirmé dimanche le retour de Zeid al-Dika, précisant qu’il était “le premier des 11 Libanais qui doivent être libérés en vertu d’une médiation de Ibrahim”.
Proche du camp politique du Hezbollah, l’influent responsable sécuritaire a dit plancher sur ce dossier depuis deux ans, après avoir été approché par les familles des détenus.
À la mi-janvier, quatre Libanais détenus aux Émirats ont déjà été remis en liberté, un “geste de bonne volonté” de la part d’Abou Dhabi, a précisé Abbas Ibrahim. Après ces libérations, il restera 15 Libanais détenus aux Émirats, ajoute-t-il.
Les relaxes interviennent après une récente “détente” régionale, selon le responsable. “J’ai repris contact avec les Émiratis et le climat était positif”.
Les Libanais vivant dans les monarchies du Golfe se sont parfois retrouvés au cœur des tensions régionales et du bras de fer entre les monarchies sunnites du Golfe et l’Iran chiite.
En mai 2019, Amnesty International avait rapporté des peines de prison pour trois Libanais accusés aux Émirats d’avoir formé une “cellule terroriste” et “planifié des attaques” sur ordre du Hezbollah. En 2016, des Libanais ont aussi été expulsés de Bahreïn pour “appartenance ou soutien au Hezbollah”.
Ces dernières années, Abbas Ibrahim a joué un rôle diplomatique majeur sur plusieurs dossiers, avec des visites au niveau régional mais aussi des déplacements à Washington ou à Paris.

