Emirates NBD, deuxième plus grande banque des Emirats arabes unis, a annoncé lundi avoir signé un protocole d’accord avec la principale banque israélienne, Hapoalim, à la veille de la signature de l’accord de normalisation des relations entre les deux pays.
«L’accord sera une occasion précieuse pour nos clients de faire des affaires, d’améliorer notre position en tant que partenaire bancaire pour les entreprises dans tous les pays et les régions où nos activités sont implantées», s’est réjoui Shayne Nelson, le directeur général d’Emirates NBD, dans un communiqué du gouvernement de Dubaï.
«L’accord avec une banque de premier plan aux Emirats arabes unis est une réalisation importante qui permettra aux clients israéliens de traiter directement avec ce pays et par la suite avec d’autres pays», a déclaré Dov Kotler, PDG de Bank Hapoalim, cité dans le communiqué.
Une délégation d’hommes d’affaires israéliens et de banquiers était arrivée mardi dernier à Dubaï pour la première visite du genre depuis l’annonce le 13 août d’un accord de normalisation des relations entre Israël et les Emirats arabes unis.
Les Émirats arabes unis ont défendu mardi leur décision de nouer des relations officielles avec Israël peu avant la signature des accords de normalisation de l’État hébreu avec les Émirats et Bahreïn à Washington.
«J’espère que l’accord fera baisser la tension et favorisera le dialogue» dans la région, a déclaré le ministre d’État des Émirats aux Affaires étrangères, Anwar Gargash, lors d’une conférence de presse virtuelle, affirmant que cette entente n’était «dirigée contre personne».
Israël et les Émirats ont annoncé le 13 août avoir conclu, sous l’égide des États-Unis, un accord historique qui fait de la monarchie pétrolière du Golfe le troisième pays arabe à reconnaître l’État hébreu, après l’Égypte et la Jordanie. Bahreïn a décidé la semaine dernière d’en faire autant.
Pour M. Gargash, la «démarche des Arabes consistant à ne pas avoir de contacts avec Israël n’a pas conduit à résoudre le conflit (israélo-palestinien) et n’a pas servi les aspirations du peuple palestinien». «Il y avait besoin d’une percée stratégique», a-t-il dit en référence à la décision de son pays de nouer avec Israël. M. Gargash a assuré que son pays n’avait pas «changé sa position en faveur d’un État palestinien» mais qu’il avait «brisé une barrière psychologique».
Les responsables palestiniens ont dénoncé ces accords et des centaines de manifestants ont protesté mardi en Cisjordanie occupée et dans la bande de Gaza contre ce qu’ils considèrent comme une «trahison» à leur cause.
Concernant la colonisation israélienne dans les territoires palestiniens occupés, le responsable émirati a affirmé que «la suspension» de l’annexion par Israël de pans de Cisjordanie était «claire» et que le fait que les États-Unis jouent un «rôle d’intermédiaire la rend réelle et de longue durée».
Israël dit avoir seulement reporté ses plans d’annexer des pans entiers de la Cisjordanie.
