Les Émirats arabes unis condamnés à une amende par les États-Unis pour avoir violé la zone d’exclusion aérienne de l’Iran
Les Émirats arabes unis (EAU) ont été condamnés à une amende de 400 000 dollars par le ministère américain des transports pour avoir violé une interdiction de vol dans l’espace aérien iranien.
La moitié de l’amende sera annulée si la compagnie aérienne Emirates évite des violations similaires pendant un an.
Le ministère a déclaré que les vols portaient le code de la compagnie JetBlue Airways basée à New York – un signe que JetBlue pouvait vendre des sièges comme s’il s’agissait d’un avion JetBlue. Cet arrangement a soumis les vols à une interdiction américaine de voler dans l’espace aérien iranien, y compris dans les zones au-dessus du Golfe et du Golfe d’Oman.
Les EAU ont accepté de payer l’amende et ont réglé l’affaire même s’ils ont déclaré qu’ils ne pensaient pas que la violation méritait des mesures d’exécution. Ils ont également accepté de suspendre tous les vols dans l’espace aérien iranien, à l’exception de deux vols par jour vers Téhéran.
Le ministère des transports a déclaré qu’il considérait les violations d’Emirates avec sérieux, et qu’une amende « établit une forte dissuasion contre de futures pratiques illégales similaires par Emirates et d’autres transporteurs ».
Les Américains ont imposé une interdiction d’entrer dans l’espace aérien iranien en janvier, suite à l’assassinat du commandant de la force Quds, Qasem Soleimani, dans la capitale irakienne, Bagdad.
Les Etats-Unis ont annoncé de nouvelles sanctions contre onze sociétés iraniennes, chinoises et des Emirats arabes unis accusées d’aider l’Iran à contourner l’embargo américain sur ses exportations de pétrole.
« L’Iran doit cesser d’utiliser des ressources naturelles pour financer le terrorisme et la destruction à travers la région », a prévenu dans un tweet le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo.
Le département d’Etat américain a imposé des mesures punitives à Abadan Refining Company, basée en Iran, à trois entreprises basées en Chine (Zhihang Ship Management CO Ltd., New Far International Logistics LLC, Sino Energy Shipping Ltd) et à une autre basée aux Emirats, Chemtrans Petrochemicals Trading LLC.
Trois dirigeants d’Abadan, New Far et Sino Energy sont également visés. De son côté, le département du Trésor américain a ajouté à sa liste noire six entités également basées dans ces trois pays. Il s’agit de la société iranienne Zagros Petrochemical Company, de Petrotech FZE et Trio Energy DMCC, basées aux Emirats, et des sociétés chinoises Jingho Technology Co. Limited, Dynapex Energy Limited et Dinrin Limited, basées à Hong Kong.
Les Etats-Unis se sont depuis montrés déterminés à sanctionner tout pays ou entreprise étrangère qui ne respecterait pas leurs mesures, et notamment l’embargo sur le pétrole iranien. La Chine, par ailleurs au coeur d’une escalade des tensions avec Washington, est particulièrement dans son viseur.
Les Etats-Unis ont annoncé des sanctions à l’encontre de deux entreprises basées aux Emirats Arabes Unis, l’équipementier Delta Parts Supply FZC et le transporteur Parthia Cargo, pour leur « soutien matériel » apporté à la compagnie aérienne iranienne Mahan Air.
« Le régime iranien utilise Mahan Air pour diffuser son programme de déstabilisation à travers le monde, y compris auprès des régimes corrompus de Syrie et du Venezuela, ainsi qu’aux groupes terroristes du Moyen-Orient », a déclaré le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin, cité dans un communiqué de presse.
« Les États-Unis continueront de prendre des mesures contre ceux qui soutiennent cette compagnie aérienne », a-t-il également averti.
Les deux fournisseurs sont placés sur la liste noire des Etats-Unis, et leurs avoirs dans le pays sont gelés.
Amin Mahdavi, qui « possède ou contrôle » Parthia Cargo, est également visé par ces sanctions.
Le département américain de la Justice a de son côté lancé des poursuites contre Amin Mahdavi et Parthia Cargo, pour leur « (participation) à une conspiration criminelle visant à violer les lois américaines sur l’exportation et (à contourner) les sanctions contre l’Iran ».
Mahan Air, deuxième compagnie iranienne après la compagnie publique Iran Air, figure sur la liste noire des entités visées par les sanctions américaines contre l’Iran depuis 2011.
Les autorités iraniennes avaient rapporté, fin juillet, qu’un avion de ligne Mahan Air qui effectuait la liaison Téhéran-Beyrouth, avait été approché en plein vol par deux avions de combat américains, obligeant le pilote à prendre des mesures d’urgence, et que certains passagers avaient été blessés de ce fait.
Le Centre de commandement américain avait alors expliqué qu’un F-15 américain, en mission de « routine », s’était approché de l’avion iranien et s’en était éloigné après l’avoir identifié comme un avion de passagers de Mahan Air.
Les tensions sont fortes entre les Etats-Unis et l’Iran, et ont connu un regain après le retrait unilatéral en 2018 de l’administration de Donald Trump de l’accord international sur le nucléaire iranien et le rétablissement de sanctions américaines contre Téhéran.
