Emirates Fuites

La compagnie aérienne Etihad Airways souffre de la pandémie de Covid-19

18

La compagnie aérienne Etihad Airways souffre comme les autres de la pandémie de Covid-19, avec une perte opérationnelle atteignant au premier semestre 758 millions de dollars. L’année avait pourtant bien commencé, mais le deuxième trimestre a tout gâché.

La compagnie nationale des Emirats Arabes Unis, basée à l’aéroport d’Abou Dhabi, a dévoilé le 6 août 2020 l’impact financier de la crise sanitaire sur sa performance semestrielle (janvier-juin), avec « un bon début d’année et un progrès visible » résultant de l’impact positif des plans de transformation (et notamment le meilleur mois de février de son histoire). Mais c’était selon son communiqué « avant l’impact du coronavirus, la fermeture des frontières internationales et la suspension des vols à destination et en provenance des Émirats arabes unis à partir du 24 mars ».

Etihad Airways a transporté 3,47 millions de passagers durant le premier semestre (S1) contre 8,2 millions durant la même période en 2019, soit une réduction de 58% avec un coefficient d’occupation moyen de 71%. Mais 3,43 millions de ses clients ont été enregistrés au T1 et seulement 0,03 million au T2, avec des occupations chutant de 74% à 16% respectivement. La perte opérationnelles de base pour le S1 a augmenté de 172 à 758 millions de dollars (S1 2019: 586 millions USD), en raison d’une baisse de 38% des revenus à 1,7 milliard de dollars – dont seulement 440 millions au T2. Cela a été « partiellement compensé par une réduction de 27% des coûts opérationnels directs à 1,9 milliard USD et une réduction de 21% des frais généraux et administratifs à 0,40 milliard USD, grâce à des initiatives de maîtrise des coûts et une réduction des opérations », souligne Etihad Airways.

Les revenus du fret au S1 se sont élevés à 490 millions de dollars, soit une amélioration de 130 millions (+37%) par rapport à la même période en 2019, avec 254.345 tonnes de marchandises transportées. Cela s’explique par « une augmentation de la demande et une flambée des tarifs de fret ».

Au seul deuxième trimestre, Etihad Airways a connu une « baisse significative de ses revenus opérationnels » suite aux suspensions de vols en résultat de la propagation du virus : 70% de sa flotte a été clouée au sol, et le nombre de passagers a chuté de 99% (sur une offre en baisse de 95%) par rapport au T2 2019. Le coefficient d’occupation pour cette période était de 16%, principalement en raison des vols spéciaux (rapatriement) et de la reprise d’un réseau de services de transfert via Abu Dhabi début juin.

Etihad Airways a exploité 40 avions passagers de sa flotte de 97 au deuxième trimestre, dont des Boeing 787 Dreamliner, des 777-300ER et des Airbus A320 pour le fret en soute, « pour compléter » la flotte opérationnelle d’Etihad Cargo comprenant six 777-200F. Entre le 25 mars et le 15 juin, plus de 640 vols passagers spéciaux ont été opérés vers 45 destinations en ligne et hors ligne, pour transporter des ressortissants étrangers hors des EAU et pour ramener des citoyens des EAU chez eux.

Selon Tony Douglas, CEO du groupe, Etihad « a fait face à une série de défis énormes et imprévisibles au cours des six premiers mois de l’année. Nous avons commencé 2020 en force et enregistré des résultats encourageants dans le cadre de notre programme de transformation continue. Cela nous a laissé dans une position relativement solide lorsque le COVID-19 a commencé, nous permettant d’agir avec agilité et de mobiliser toutes les ressources disponibles alors que la crise s’aggravait, en prenant des mesures majeures pour réduire les coûts grâce à une vaste série de mesures ».

Le dirigeant ajoute : « Bien que nous ayons révisé nos objectifs pour le reste de 2020 en fonction des réalités actuelles, nous restons optimistes quant à la réouverture des frontières internationales, la reprise nos vols et le transport de plus de passagers en toute sécurité et avec une plus grande tranquillité d’esprit, avec le soutien du programme Etihad Wellness et nos Ambassadeurs du bien-être. D’ici septembre, nous visons à augmenter nos vols mondiaux de moitié par rapport à notre capacité pré-COVID-19 ».

Côté emploi, face à une demande de voyages considérablement réduite, Etihad continue de faire « tout ce qui est en son pouvoir pour soutenir sa famille d’employés de classe mondiale pendant cette période difficile ». Elle a cependant été obligée de recourir à la « réorganisation » dans plusieurs domaines de l’entreprise pour assurer la continuité de ses opérations. Des « sacrifices salariaux temporaires de 25% à 50% » à l’échelle de l’entreprise ont également été introduits.

Pour le CEO, Etihad Airways « n’a eu d’autre choix que d’embrasser l’ambiguïté de la situation, et avec beaucoup de tristesse, nous avons dû prendre des décisions extrêmement difficiles pour réduire la taille de l’effectif de plusieurs milliers. Ceux qui ont quitté Etihad l’ont fait avec une dignité incroyable et leur contribution a été immesurable. Etihad est entré dans l’ère du COVID-19 avec incertitude, mais réémerge en toute résilience, tout en portant les cicatrices, avec un accent renouvelé sur ses valeurs fondamentales. Nos employés dans toute l’organisation suivent une formation pour fournir un nouveau produit dans le cadre d’une nouvelle réalité, basé sur le développement et la livraison d’Etihad Wellness dans un avenir prévisible ».

Air journal