Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a rencontré lundi le leader de la transition du Soudan, Abdel Fattah al-Burhan, au cours d’une visite éclair en Ouganda.
Netanyahu et Burhan se sont rencontrés en secret à Entebbe, dans la résidence du président ougandais Yoweri Museveni, et ont convenu de normaliser progressivement leurs relations, a déclaré un haut fonctionnaire israélien au Times of Israel, sous couvert d’anonymat.
Al-Burhan est soutenu par les Émirats arabes unis. Proche des Emirats arabes unis et de l’Arabie saoudite, il a été nommé président du Conseil militaire de transition (CMT), la junte qui a pris le pouvoir la veille après la destitution forcée de l’ancien président Omar El-Béchir, sous la pression de la rue.
Netanyahu a déclaré après la réunion qu’il estimait que le Soudan évoluait dans une direction nouvelle et positive.
Dimanche, Burhan a été invité à se rendre à Washington par Pompeo lors d’un appel téléphonique, dans ce qui serait le premier voyage de ce type effectué par un dirigeant soudanais depuis trois décennies.
Le bureau de Netanyahu a déclaré que Burhan avait exprimé son intérêt pour la modernisation de son pays et pour le sortir de l’isolement international.
Burhan n’a pas été aperçu par les dizaines de reporters qui étaient présents pour couvrir la rencontre Netanyahu-Museveni à Entebbe, et le voyage n’a pas été rapporté dans la plupart des médias soudanais.
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, est arrivé lundi en Ouganda où il a été accueilli sur le tarmac de l’aéroport d’Entebbe par le Premier ministre ougandais, Ruhakana Rugunda, selon des images publiées sur le compte Twitter officiel du gouvernement ougandais.
Au moment de quitter Israël, le Premier ministre a indiqué à la presse qu’il espérait annoncer lors de cette visite “une très bonne nouvelle pour l’État d’Israël”, sans pour autant préciser laquelle. “Je me rends une nouvelle fois en Afrique, c’est ma cinquième visite depuis environ trois ans et demi”, a déclaré le Premier ministre,
juste avant d’embarquer dans l’avion qui l’a emmené en Ouganda. “Ce sont des liens qui sont très importants dans le domaine politique, économique, sécuritaire, et d’autres domaines”.
Benyamin Netanyahu s’était rendu pour la dernière fois en Ouganda en juillet 2016, pour marquer le quarantième anniversaire du raid d’Entebbe, une opération commando organisée par Israël pour libérer les passagers d’un vol entre Tel-Aviv et Paris détourné vers l’Ouganda, où les preneurs d’otages avaient été accueillis par le dictateur Idi Amin Dada. Le frère de Benyamin Netanyahu, Yonathan, chef du commando, avait péri durant l’opération.
Ces dernières années, Israël a renforcé ses relations avec les pays africains. Israël entretient actuellement des relations diplomatiques avec 39 des 47 pays d’Afrique subsaharienne.
L’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis avaient déposé 500 millions de dollars à la Banque centrale du Soudan pour soutenir ce pays engagé dans une transition difficile après la destitution du président Omar Al-Bachir. Ce dépôt s’inscrit dans le cadre de l’aide conjointe de 3 milliards de dollars.
Burhan est le président du Conseil de souveraineté du Soudan, un groupe de 11 membres qui dirige le pays jusqu’en novembre 2022, date à laquelle des élections démocratiques sont prévues.
Les médias et analystes soudanais indiquent qu’Al-Burhan a entrepris la coordination de l’envoi de soldats soudanais au Yémen dans le cadre de la coalition saoudo-émiratie contre les Houthis soutenus par l’Iran.
Le Premier ministre éthiopien Abi Ahmed a évoqué sa volonté de réunir Netanyahu et Bin Zayed lors de sa visite à Tel Aviv en août dernier.
Ahmed a déclaré qu’il avait discuté avec Netanyahu le rapprochement avec les Emirates arabes unis. Le premier ministre israélien a répondu: “l’ingéniosité de Mohammed bin Zayed n’a pas besoin de preuves, le vrai leader est reconnu par ce qu’il accomplit pour son peuple et son pays, et Mohammed bin Zayed est un véritable leader du pays. »
Abi Ahmed a poursuivi: « J’ai dit à Netanyahu, j’espère que vous rencontrerez
Mohamed bin Zayed et l’Éthiopie, pour sa part, est prête à accueillir votre réunion. »
