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Le Golfe ne peut revenir à ce qu’il était avant, estiment les Emirats

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Les Emirats arabes unis ont affirmé vendredi, au troisième anniversaire de la crise opposant le Qatar à l’Arabie saoudite et ses alliés, que le Golfe avait changé et ne pouvait pas revenir à ce qu’il était avant cette date.

Le 5 juin 2017, l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn et l’Egypte avaient rompu avec Doha, qu’ils accusaient de soutenir des groupes islamistes radicaux, de connivence avec le rival iranien ou encore de semer la zizanie dans la région avec sa chaîne d’information Al-Jazeera. Malgré les démentis du petit émirat gazier et des signes de reprise des relations qui ont suivi -contacts diplomatiques et rétablissement de liens sportifs-, les efforts de réconciliation sont aujourd’hui dans l’impasse.

« Je ne pense pas que la crise du Qatar à son troisième anniversaire mérite d’être commentée, les canaux de communication ont été coupés et le Golfe a changé et ne peut pas revenir à ce qu’il était », a déclaré le ministre d’Etat émirati aux Affaires étrangères Anwar Gargash sur Twitter. Selon lui, « les causes de la crise sont connues, et la solution est bien connue et elle viendra en temps opportun », a dit le responsable émirati sans autres explications.

La rupture des relations avec le Qatar s’est aussi accompagnée de mesures économiques, notamment la fermeture des frontières terrestres et les voies maritimes, l’interdiction de l’utilisation de l’espace aérien et des restrictions à la circulation des Qataris.

Pour rétablir leurs relations avec Doha, l’Arabie saoudite et ses alliés avaient exigé du Qatar qu’il prenne 13 mesures, dont la fermeture d’Al-Jazeera, la limitation des liens avec l’Iran ou encore la fermeture d’une base militaire turque sur son sol.

Le Qatar a toujours rejeté ces demandes.

Vendredi, son ministre des Affaires étrangères, cheikh Mohammed ben Abderrahmane Al-Thani, a déclaré sur Twitter que son pays avait toujours appelé à un « dialogue inconditionnel fondé sur l’égalité, le respect de la souveraineté et la non-ingérence dans les affaires intérieures » pour régler cette crise. Il a souligné toutefois que les positions de son pays n’avaient « pas changé ».

Les discussions entre Doha et Riyad pour résoudre la crise diplomatique qui les oppose depuis près de trois ans ont été « suspendues », a déclaré le ministre des Affaires étrangères du Qatar, Mohammed ben Abderrahmane Al-Thani.

L’Arabie saoudite et ses alliés –les Emirats arabes unis, Bahreïn et l’Egypte– ont rompu leurs liens avec le Qatar en juin 2017, l’accusant de soutenir des mouvements islamistes –ce que Doha nie– et de se rapprocher de l’Iran, principal rival régional du royaume saoudien.

Depuis, Ryad et ses alliés ont fermé leur espace aérien à Qatar Airways, interdit tout voyage dans le pays, suspendu la coopération commerciale et les deux camps se sont livrés à une bataille médiatique sans relâche.

Mais en décembre, le Qatar et le Koweït, médiateur entre les deux parties, avaient évoqué des progrès dans les discussions pour mettre fin à la dispute avec Ryad.

« Malheureusement, ces efforts n’ont pas abouti et ont été suspendus début janvier », a déclaré samedi le ministre des Affaires étrangères du Qatar lors de la Conférence sur la sécurité de Munich, grand-messe diplomatique annuelle.

« Nous ne sommes pas les auteurs de cette crise et nous avons été très clairs sur le fait que nous sommes favorables à toute intention réelle de résoudre ce problème », a ajouté le ministre qatari.

Récemment, deux diplomates à Doha ont indiqué à l’AFP ne pas voir de signes d’une reprise de ces négociations balbutiantes dans un avenir proche.

Le journal saoudien panarabe Asharq Al-Awsat a cité un diplomate du Golfe selon qui Ryad s’était retiré des négociations parce que les négociateurs qataris « ne semblaient pas sérieux dans la recherche d’un compromis ».

Selon les experts, les Saoudiens cherchent à résoudre la crise du Golfe pour construire un front arabe uni face à l’Iran, grand rival de Ryad mais partenaire important du Qatar.

AFP