Les EAU gracient 515 prisonniers à l’occasion de l’Aïd Al Adha en excluant les prisonniers d’opinion
Les Émirats arabes unis ont annoncé la libération de 515 prisonniers de différentes nationalités à l’occasion de l’Aïd al-Adha. Cette grâce vise à donner aux prisonniers la possibilité de commencer une nouvelle vie et d’apporter joie et bonheur à leurs familles.
Le Cheikh Khalifa bin Zayed Al Nahyan, président des Emirats Arabes Unis (EAU), a ordonné la libération de 515 prisonniers purgeant diverses peines dans le pays, avant l’Aïd Al Adha.
Comme d’habitude, la traditionnelle grâce présidentielle n’a pas touché les prisonniers politiques ni les activistes, bien que beaucoup d’entre eux souffrent de graves problèmes de santé.
Le centre émirati pour les droits de l’homme a déclaré que cette exclusion des prisonniers d’opinion pacifiques reflète le mépris des autorités des EAU pour le droit à la liberté d’expression, et révèle une réalité inquiétante dans laquelle la liberté d’expression est considérée comme un crime constituant une plus grande menace pour la sécurité publique que le meurtre et les autres crimes violents.
Le centre a ajouté que les prisonniers sont détenus dans de mauvaises conditions et purgent de longues peines de prison à l’issue de procès inéquitables pour avoir exercé pacifiquement leur droit à la liberté d’expression. Beaucoup ont été victimes de disparition forcée, détenus dans des lieux secrets par les autorités qui ont refusé de divulguer toute information à leur famille.
Alors que de nombreuses personnes du monde extérieur célèbrent l’Aïd, les détenus dans les prisons des Émirats arabes unis subissent des traitements sévères tels que l’isolement, la torture, la négligence médicale et le refus de visites régulières de leur famille. Ces pratiques restent très répandues et les autorités des EAU n’ont pris aucune mesure pour mener des enquêtes afin de demander des comptes aux responsables des tortures et autres mauvais traitements infligés aux détenus.
Les membres des familles des prisonniers ont également subi de nombreuses autres formes de harcèlement et de pression de la part des autorités des Émirats arabes unis.
Ahmed Mansoor, l’éminent défenseur des droits de l’homme des EAU, est toujours détenu à la prison d’Al-Sadr, à Abu Dhabi, où il purge une peine de dix ans de prison. Il passe le troisième Aïd en prison, loin de sa famille. Depuis son arrestation le 20 mars 2017, Mansoor a été maintenu en permanence en isolement dans une salle d’isolement. La santé physique et psychologique de Mansoor s’est gravement détériorée après avoir mené plusieurs grèves de la faim pour protester contre les mauvais traitements.
Mohammed Al-Roken, lauréat du Prix international Ludovic Trarieux des droits de l’homme, passe son Aïd seul pour la 8e année consécutive. Il est avocat spécialisé dans les droits de l’homme. Il critique ouvertement les violations des droits de l’homme aux Émirats arabes unis. Il purge une peine de 10 ans de prison à la prison d’Al-Razeen. Lorsqu’il a été arrêté en 2012, il a été victime d’une disparition forcée et a été détenu à l’isolement dans un lieu non divulgué. Pendant sa détention, le Dr Mohammed Al-Roken s’est vu refuser plusieurs de ses droits fondamentaux, notamment l’accès à son avocat. Il a également été signalé que les autorités l’ont soumis à des intimidations psychologiques.
Le Dr Nasser bin Ghaith, un universitaire défenseur des droits de l’homme, n’a pas pu rejoindre sa famille pour célébrer l’Aïd et cela fait 5 ans qu’il n’a pas eu droit à la joie de l’Aïd. Il a été condamné à dix ans de prison le 29 mars 2017 par la Cour d’appel fédérale à Abu Dhabi. Il a entrepris des grèves de la faim pour protester contre les mauvaises conditions de vie dans la tristement célèbre prison d’Al-Razeen à Abu Dhabi. Mais l’administration pénitentiaire a continué à maltraiter le Dr Bin Ghaith, notamment en ne lui fournissant pas ses médicaments, et sa santé s’est gravement détériorée.
