Le ministre iranien des Affaires étrangères Javad Zarif a fait état d’un entretien dimanche par visioconférence avec son homologue émirati, de rares discussions ayant porté notamment sur la coopération dans la lutte contre la pandémie de Covid-19.
« Je viens d’avoir une conversation substantielle, sincère et amicale par visioconférence avec le ministre des Affaires étrangères des Emirats arabes unis » Abdallah ben Zayed Al Nahyane, a tweeté M. Zarif. « Nous avons convenu de poursuivre le dialogue sous le signe de l’espoir – surtout que la région est appelée à relever des défis difficiles et qu’elle est confrontée à des choix encore plus difficiles », a-t-il ajouté.
Selon l’agence de presse Wam des Emirats arabes unis, les deux ministres ont échangé des vœux à l’occasion de la fête de l’Adha et ont discuté des efforts destinés à contrôler la pandémie dans la région. Le ministre émirati a souligné la nécessité de « renforcer la coopération internationale, la solidarité et la synergie entre tous les pays », a indiqué Wam.
Abou Dhabi a réduit en janvier 2016 ses relations avec Téhéran dans un contexte de vives tensions entre les deux poids lourds de la région : l’Arabie saoudite, proche alliée des Emirats, et l’Iran. Mais en dépit de leurs relations politiques tendues, l’Iran et les Emirats arabes unis, deux pays riverains du Golfe, sont d’importants partenaires économiques, en particulier Dubaï, un géant portuaire qui abrite aussi le plus grand hub aéroportuaire au monde pour les passagers étrangers.
L’Iran a déclaré que ses relations avec les EAU s’étaient améliorées et qu’il était prêt à dialoguer avec l’Arabie Saoudite, a indiqué hier Al Jazeera, selon un haut responsable militaire iranien.
La chaîne de télévision a rapporté les déclarations de Yahya Safavi, le conseiller du Guide suprême iranien pour les affaires militaires : « Nos relations avec les EAU se sont améliorées et l’attitude d’Abou Dhabi à notre égard a changé. »
Il a également ajouté : « [Nous] sommes prêts à entamer un dialogue avec l’Arabie Saoudite sans conditions préalables s’ils sont d’accord avec cette proposition. »
En novembre dernier, l’Iran a déclaré que ses relations avec les Emirats arabes unis étaient « très bonnes », appelant au retrait de la flotte américaine du golfe Persique, ce qui coïncide avec l’appel d’Abou Dhabi pour des solutions diplomatiques et à la désescalade avec Téhéran.
« Aujourd’hui, les relations entre l’Iran et les pays voisins et la région du Golfe, en particulier les Émirats arabes unis, le Qatar et le Koweït, sont très bonnes », a déclaré lors d’une conférence de presse, le Brigadier Général iranien Qasem Rezaei, commandant des gardes-frontières iraniens.
« Les gardes-frontières iraniens ont tenu de nombreuses réunions avec leurs homologues émiratis et ont conclu de très bons accords aux niveaux national et régional », a-t-il indiqué.
Il n’a pas été possible de recueillir un commentaire auprès des autorités émiraties concernant les déclarations du Général iranien, mais le ministre des Affaires étrangères des Emirats arabes unis, Anwar Gargash, a appelé à « la nécessité de recourir à des solutions diplomatiques et non à une escalade avec l’Iran », sur fond de rapprochement irano-émirati.
Lors du Forum stratégique d’Abou Dhabi, Gargash a déclaré que les Houthis soutenus par l’Iran faisaient « partie de la société yéménite et joueraient un rôle dans son avenir », a rapporté l’agence de presse officielle WAM.
Qasem Rezaei a également déclaré dans un contexte connexe, « Nous avons de très bonnes relations avec la Turquie ».
Et d’ajouter que « la présence de navires de guerre américains dans le Golfe a entravé le commerce et la pêche pour les pays de la région et tout le monde appelle au retrait de cette flotte ».
La cinquième flotte américaine a annoncé l’ouverture d’un centre de commandement à Bahreïn pour une alliance navale dirigée par les États-Unis afin de protéger les navires dans la région du Golfe.
La Coalition avec les États-Unis, comprend l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Bahreïn, le royaume Uni, l’Australie et l’Albanie, selon un communiqué publié par la Cinquième flotte américaine basée à Bahreïn, via son site Web.
La région vit un état de tension, alors que Washington et les capitales du Golfe, notamment Riyad, accusent Téhéran de prendre des navires et des installations pétrolières du Golfe pour cibles et de menacer le trafic maritime, ce que l’Iran dément, appelant à signer un pacte de « non-agression » avec les États du Golfe.
AFP

