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Un drone émirati abattu en Libye

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L’opération Volcan de la colère “Burkan Al-Ghadab” sous le commandement du gouvernement d’union nationale a confirmé dans un communiqué officiel publié sur Facebook que ses forces de défense avaient abattu un drone émirati, utilisé par les forces de Khalifa Haftar dans leurs attaques sur Tripoli et d’autres régions.

L’opération a révélé que le drone, fourni par les Emirats arabes unis aux forces de Haftar, tentait de frapper la ville de Misrata avant d’être abattu et détruit près de Misrata.

Les EAU sont un fervent défenseur de Haftar et de ses attaques contre Tripoli, et ont soutenu ses opérations Derna et Benghazi au cours des cinq dernières années.

A la fin du mois dernier, Mustafa al-Mujai, porte-parole de l’opération « volcan de la colère » du gouvernement d’union nationale internationalement reconnu, a déclaré que la base des Emirats Arabes Unis al-Kharrouba était devenue une cible légitime pour leurs forces.

« Nous allons faire en sorte que tous ceux qui ont signé l’accord établissant la base des EAU dans notre pays soient tenus responsables de leurs actes après la bataille avec Khalifa Hifter », a-t-il déclaré.

Les forces armées des Émirats utilisent la base militaire d’Al-Kharouba, située à environ 1 300 kilomètres au sud-est de la capitale Tripoli, pour transporter des armes, des experts militaires et des officiers soutenant Haftar dans sa guerre contre les villes libyennes.

L’Organisation des Nations Unies a exhorté les parties impliquées dans le conflit en Libye, y compris les Émirats arabes unis, à cesser de fournir des armes au pays.

« Le conflit armé en Libye ne montre aucun signe d’apaisement », a déploré Ghassan Salamé, le représentant spécial et chef de la Mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL), qui s’exprimait devant les membres du Conseil par visioconférence depuis Tripoli.

Ignorant les appels à la désescalade, les parties au conflit libyen ont intensifié leurs campagnes aériennes, avec des frappes ciblées menées par des avions et des drones armés, a constaté Salamé.

Selon le représentant spécial, la guerre autour de Tripoli, qui a débuté en avril, a déjà fait près de 1.100 morts, dont 106 civils, et des centaines de milliers de personnes ont dû fuir leur maison dans la capitale et aux alentours en raison des combats.

Le conflit en Libye ne se limite pas à Tripoli. Le gouvernement d’union nationale a lancé pour la première fois une attaque aérienne contre une base de l’Armée de libération libyenne à Jufra.

Les forces du général Khalifa Haftar ont lancé samedi des frappes aériennes contre une base aérienne du gouvernement du Premier Ministre Serraj à Misrata.

Salamé a également fait état d’une hausse du recrutement et de l’utilisation de mercenaires étrangers en Libye, parallèlement à l’utilisation croissante d’armes lourdes et d’attaques au sol.

« Les parties croient toujours qu’elles peuvent atteindre leurs objectifs par des moyens militaires », a regretté l’envoyé de l’ONU, estimant que « le présent et l’avenir de la Libye ne doivent pas être pris en otage par les parties belligérantes ».

« Les différentes parties libyennes importent, achètent ou reçoivent des armes de l’extérieur, ce n’est pas nouveau, avait-il dénoncé. Des États étrangers, qui se reconnaîtront, ont exporté directement ou indirectement des armes vers la Libye, et c’est une violation flagrante des résolutions du Conseil du sécurité », a déclaré Hassen Salamé lors d’une interview avec France24

Le 28 juin, le New York Times a révélé que les forces loyales au gouvernement d’union nationale (GNA) en Libye avaient découvert des missiles antichars Javelin de fabrication américaine sur une base à Gharyan (ouest), alors aux mains des combattants du maréchal Khalifa Haftar.

Selon le quotidien, cet arsenal proviendrait d’une cargaison vendue, en 2008, par les États-Unis dans le cadre d’un contrat avec les Émirats arabes unis, un des soutiens régionaux du camp Haftar avec l’Égypte et l’Arabie saoudite, et le sultanat d’Oman. L’administration américaine a indiqué enquêter sur ces informations, tandis que les Émirats ont démenti, mardi 2 juillet, avoir acheminé de tels missiles en Libye.

Le même jour, le sénateur démocrate américain Robert Menendez, numéro deux de la commission des Affaires étrangères du Sénat, a prévenu que Washington pourrait suspendre ses ventes d’armes aux Émirats arabes unis s’il s’avérait que cet allié régional des États-Unis ait transféré des missiles américains à des forces libyennes.

Depuis le lancement début avril d’une offensive du maréchal Khalifa Haftar pour s’emparer de Tripoli, où siège le GNA, le Conseil de sécurité reste en panne d’accord sur une résolution réclamant un cessez-le-feu en Libye.

Un rapport du panel des experts des Nations Unies sur la Libye confirme que les Emirats Arabes Unis ont offert un soutien logistique et technique au général Haftar, le grand maître de l’Est libyen, qui refuse toujours de reconnaître le gouvernement d’union nationale basé à Tripoli et soutenu par la communauté internationale. Ce rapport met dans l’embarras les autorités émiraties accusées de participer au chaos libyen.

Ce transfert d’armement est une violation de l’embargo sur les armes sous lequel se trouve placée la Libye depuis la chute du général Kadhafi en 2011.

Les experts onusiens ont réussi à prouver que les Emirats Arabes Unis avaient fourni des hélicoptères, des drones, des avions militaires et des véhicules blindés aux forces loyales au général Haftar et contribué à l’extension de la base aérienne d’Al Khadim entre 2014 et 2017.

Des moyens aériens qui auraient permis au général Haftar d’asseoir son emprise sur l’est et le sud libyen au détriment du pouvoir de Tripoli.

Le soutien des Emirats n’est pas nouveau mais c’est la première fois que des preuves formelles sont apportées : les experts onusiens ont en effet remonté les numéros de série des appareils, achetés en Biélorussie pour le compte des Emirats Arabes Unis pour être finalement livrés en Libye.

Le gouvernement d’union nationale basé à Tripoli et soutenu par la communauté internationale a annoncé son intention de poursuivre les Émirats arabes unis pour avoir soutenu des milices criminelles de Haftar et semé le chaos dans le pays.

Mustafa al-Mujaie, un porte-parole du gouvernement de Fayez al-Sarraj, a déclaré dans un communiqué que une équipe d’experts juridiques avait collecté des preuves sur les offrandes d’armes émises par les EAU aux forces de Haftar.

Le commandant de la principale salle d’opération des forces Haftar à Gharian, le colonel Ali Mohamed al-Sheikhi, a révélé lors de son interrogatoire par les forces du gouvernement de l’union nationale après son arrestation que des  soldats français et émiratis participaient à la gestion des opérations militaires à Tripoli.

Le ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis, Anwar Gargash, a également révélé que son pays soutient le maréchal  Haftar, qui mène une campagne militaire contre le gouvernement de l’union nationale à Tripoli, soutenu par la communauté internationale, affirmant qu’il « faisait face au terrorisme en Libye et à des groupes extrémistes appuyés  par la Turquie ».