Les banques des EAU émettent des obligations de dette dans un contexte de crise économique croissante
La banques d’Abu Dhabi a suivi son concurrent de Dubaï sur le marché de la dette en commençant à commercialiser des obligations islamiques libellées en dollars jeudi.
Le plus grand bailleur de fonds d’Abu Dhabi a ouvert des livres sur un sukuk de 500 millions de dollars à cinq ans, fixant l’orientation initiale du prix entre 100 et 105 points de base sur les midswaps, selon une personne connaissant bien le sujet, qui a demandé à ne pas être identifiée car l’affaire est privée.
La vente d’une dette senior non garantie devrait être clôturée jeudi.
La banque Islamique de Dubaï, Emirates NBD Capital, First Abu Dhabi Bank, Islamic Corporation for the Development of the Private Sector, KFH Capital KSCP, NCB Capital et Standard Chartered Bank sont les chefs de file de cette vente.
Les banques du Golfe se joignent à une vague d’emprunts mondiaux après l’effondrement des rendements suite aux mesures de relance sans précédent prises par les autorités pour maintenir les économies à flot pendant la pandémie de coronavirus.
Emirates NBD a levé 750 millions de dollars cette semaine lors de la première vente d’obligations en dollars du Moyen-Orient en 2021.
Selon Franklin Templeton, les gouvernements et les entreprises du Golfe vont émettre cette année environ 120 milliards de dollars de dette en dollars et de titres islamiques.
A titre de comparaison, l’année dernière, le montant de ces émissions avait atteint le chiffre record de 126 milliards de dollars.
Un rapport publié par le «IHS» International Market for Research a révélé les énormes difficultés rencontrées par les entreprises émiraties.
Le rapport a souligné que les entreprises émiraties ont du mal à payer les salaires de leurs fournisseurs en décembre dernier, ce qui a incité ces fournisseurs à retarder la livraison des fournitures de production.
Le rapport a également noté une baisse continue des taux d’emploi.
L’émirat de Dubaï a annoncé dimanche un budget prévoyant une baisse des dépenses pour 2021 en raison des effets de la pandémie de Covid-19, notamment sur les secteurs clés du tourisme et des services.
Dans un communiqué, le gouvernement de Dubaï, membre de la fédération des Emirats arabes unis, a indiqué que le budget 2021 atteindra 57,1 milliards de dirhams, soit quelque 12,7 milliards d’euros, contre un budget de 14,8 milliards d’euros pour l’année 2020. Le gouvernement prévoit un déficit d’environ 1,1 milliard d’euros en 2021 contre 574 millions d’euros en 2020.
Affectée par la pandémie, l’économie de Dubaï qui avait fermé ses frontières pendant plusieurs mois, s’est contractée de 10,8% au premier semestre 2020. Pour l’ensemble de l’année, le gouvernement prévoit 6,2% de contraction et une croissance de 4% en 2021. Le nouveau budget « mobilise toutes les ressources pour faire face à la crise et renouer avec la croissance », ont souligné les autorités dans leur communiqué.
Pilier de l’économie de Dubaï, le tourisme et le transport aérien ont notamment été frappés de plein fouet par la crise sanitaire. Dubaï, qui a accueilli plus de 16 millions de visiteurs en 2019, tablait sur 20 millions de touristes en 2020 avant une réduction drastique des arrivées. Le report d’un an de l’Expo 2020 Dubaï, qui devait débuter en octobre, a également affecté l’économie locale alors que le gouvernement espérait qu’elle attirerait des millions de touristes.
Les mesures de confinement et le tarissement du flux des touristes a fait reculer de 20,2% le secteur hôtelier et de 10,6% ceux du transport et de la logistique. Emirates, première compagnie aérienne du Moyen-Orient et fleuron de l’économie locale, est tombée dans le rouge pour la première fois en trois décennies, enregistrant des pertes semestrielles de 3,4 milliards de dollars (2,8 milliards d’euros).

