Une experte de l’ONU demande les EAU de lever les sanctions contre le Qatar
La levée des sanctions contre le Qatar par l’Arabie saoudite est un « premier pas positif » vers la normalisation des relations dans la région du Golfe, a déclaré jeudi une experte des Nations unies.
« Je suis encouragée par la récente décision du Royaume d’Arabie saoudite d’ouvrir les frontières terrestres, maritimes et aériennes avec le Qatar et d’inviter l’émir du Qatar à participer au sommet du Conseil de coopération du Golfe (CCG) en Arabie saoudite, ce qui n’aurait apparemment pas pu se faire sans le soutien des trois autres pays », a déclaré Alena Douhan, rapporteure spéciale des Nations unies sur les mesures coercitives unilatérales et les droits de l’homme.
« Je salue également les efforts de médiation du Koweït et des États-Unis », a-t-elle ajouté.
Le 5 janvier, le Conseil suprême du CCG a tenu sa 41e session du sommet des chefs d’État et a publié la déclaration d’Al-Ula qui reconnaît l’importance de l’unité entre les États du CCG et vise à renforcer la sécurité, la paix, la stabilité et la prospérité régionales.
Le Secrétaire général se félicite de la déclaration d’Al Ula sur “la solidarité et la stabilité” annoncée au Sommet du Conseil de coopération du Golfe (CCG), au Royaume d’Arabie saoudite. Il se félicite également de l’annonce faite sur l’ouverture de l’espace aérien et des frontières terrestres et maritimes entre le Royaume d’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, Bahreïn, l’Égypte et l’État du Qatar.
Le Secrétaire général exprime sa gratitude à ceux de la région et au-delà, notamment le défunt Émir du Koweït et feu le Sultan d’Oman, qui ont travaillé sans relâche pour résoudre le différend du Golfe. Il espère que tous les pays concernés continueront d’agir dans un esprit positif pour renforcer leurs relations.
La rapporteure spéciale des Nations unies sur l’impact négatif des sanctions sur les droits humains, a déclaré que les mesures imposées au Qatar portaient atteinte aux droits à la libre circulation, à la non-discrimination et à la liberté d’expression.
« La décision du Royaume d’Arabie saoudite d’ouvrir les frontières terrestres, maritimes et aériennes avec le Qatar est un premier pas positif », a déclaré Mme Douhan.
Elle a exhorté les autres pays, dont les Emirats arabes unis, à mettre fin immédiatement à toutes les sanctions et mesures établissant des restrictions à la liberté d’expression, de circulation, d’accès à la propriété et des barrières commerciales.
« J’invite instamment les Émirats arabes unis, le Bahreïn et l’Égypte à suivre cet exemple et je demande les quatre États du Golfe d’assurer une réparation significative aux victimes de violations des droits de l’homme causées par les sanctions, notamment les couples en mariage mixte et leurs enfants, les travailleurs migrants qui ont perdu leur emploi, les ressortissants qatariens possédant des biens, des emplois ou des entreprises dans les pays qui ont imposé les sanctions, et bien d’autres ».
La coalition des quatre pays arabes a émis 13 demandes, dont la fermeture de la télévision Al-Jazeera et d’une base militaire turque pour mettre fin au boycott. Elle a aussi exigé que Doha réduise ses relations avec l’Iran, le grand rival de Ryad. Le Qatar a rejeté ces demandes, les qualifiant d' »irréalistes », ce qui a conduit à une impasse.
Les experts des Nations unies sont indépendants mais leurs conclusions peuvent être utilisées pour informer l’organisation, notamment le Conseil des droits de l’Homme auquel Mme Douhan doit présenter un rapport final en septembre 2021.
