Des experts de l’ONU ont demandé aux Émirats arabes unis de fournir des informations sur le sort de la fille du dirigeant de Dubaï et de la libérer.
Les Émirats arabes unis ont déclaré le 19 février que Sheikha Latifa était soignée à son domicile, après que le bureau des droits de l’homme des Nations unies dirigé par Michelle Bachelet a demandé des preuves qu’elle était en vie, dans un contexte d’inquiétude internationale croissante quant à son sort.
«Nous sommes alarmés par le fait que, suite à la diffusion publique en février de séquences dans lesquelles Sheikha Latifa déclarait être privée de sa liberté contre son gré, et à la demande officielle ultérieure d’informations supplémentaires sur sa situation, aucune information concrète n’a été fournie par les autorités», ont déclaré les experts indépendants des droits de l’homme des Nations unies dans une déclaration commune.
La déclaration conjointe indique que les experts ont demandé « une vérification indépendante des conditions dans lesquelles elle est détenue, et sa libération immédiate».
Les autorités des Émirats arabes unis n’ont pas répondu immédiatement à une demande de commentaire.
Il y a quelques semaines la fille du souverain de Dubaï avait affirmé être retenue contre son gré et craindre pour sa vie. Or, le Haut-Commissariat aux droits de l’homme s’est dit très inquiet vendredi 9 avril du sort de la jeune femme, dont il réclame en vain depuis plusieurs mois des preuves de vie.
Interrogée lors d’un briefing régulier de l’Organisation des Nations unies (ONU) à Genève, Marta Hurtado, porte-parole du Haut-Commissariat, s’est dite également préoccupée pour la sœur de Latifa, Shamsa.
La porte-parole a expliqué que des échanges avaient eu lieu entre le Haut-Commissariat et les représentants des Emirats arabes unis à Genève, et que le principe d’une rencontre avait été entériné pour évoquer le sort de la princesse Latifa et de sa sœur, mais qu’aucune date n’avait encore été fixée.
Une « villa transformée en prison »
L’ONU avait annoncé dès le 19 février avoir demandé aux Emirats arabes unis des preuves de vie de la princesse de 35 ans, fille de Mohammed Ben Rachid Al-Maktoum, dirigeant de l’émirat de Dubaï et premier ministre des Emirats arabes unis.
La jeune femme avait en vain tenté de s’évader en bateau de cette cité-Etat du Golfe en 2018, avant d’y être ramenée. Ses proches ont transmis des vidéos dans lesquelles elle dit être enfermée dans une « villa transformée en prison » aux fenêtres condamnées et gardée par des policiers. Ils disent ne plus avoir de nouvelles d’elle.
Selon la chaîne publique britannique BBC, les vidéos datent d’environ un an après sa vaine tentative d’évasion.
Le 19 février, l’ambassade des Emirats arabes unis à Londres avait publié un communiqué affirmant que la princesse était « prise en charge chez elle, soutenue par sa famille et des professionnels de la santé. Son état continue à s’améliorer et nous espérons qu’elle reprendra une vie publique en temps voulu », était-il précisé.
Sa sœur aînée, la princesse Shamsa, avait elle aussi tenté de fuir en août 2000 pendant qu’elle était en vacances en Angleterre. Selon le récit de Latifa, Shamsa avait été retrouvée après deux mois de fuite, « droguée », ramenée à Dubaï et « enfermée ». Aujourd’hui âgée de 39 ans, elle n’a pas été revue depuis.
