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 Les EAU menacés de sanctions internationales pour leur intervention en Libye

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 Les EAU menacés de sanctions internationales pour leur intervention en Libye

Les Émirats arabes unis et d’autres pays  ont violé l’embargo sur les armes imposé depuis 2011 à la Libye, affirme un rapport confidentiel d’experts de l’ONU chargés de son contrôle. Les Émirats arabes unis, un soutien du maréchal Haftar, sont soupçonnés d’avoir utilisé des avions-bombardiers au profit de ses troupes.

Ce pays pourrait être impliqué dans le bombardement d’un centre de détention de migrants dans la banlieue de Tripoli le 2 juillet qui avait fait une cinquantaine de morts. Mais le rapport, s’il parle de l’implication « probable » d’un avion étranger, n’apporte pas de réponse définitive, évoquant de manière générale le recours à des F-16 de fabrication américaine et Mirage 2000-9 de fabrication française, deux types d’appareils en dotation dans l’armée de l’Air des Émirats.

« Les Émirats arabes unis, la Jordanie et la Turquie ont fourni des armes de manière régulière et parfois flagrante, sans vraiment d’efforts pour en dissimuler la provenance », soulignent les experts dans une synthèse de leurs travaux accompagnant leur étude, à laquelle l’AFP a eu accès, jeudi 7 novembre.

Le rapport a aussi identifié la présence de groupes armés tchadiens et soudanais en soutien aux forces affiliées à l’ANL (armée de Haftar). Un millier de soldats soudanais appartenant aux forces de soutien rapide ont été envoyés en juillet dans l’est de la Libye pour protéger Benghazi et permettre aux forces Hifter d’attaquer Tripoli.

Depuis le 4 avril, le maréchal Khalifa Haftar, qui tient l’est de la Libye, a lancé une offensive pour prendre le contrôle de Tripoli. Cela fait six mois maintenant que les combats meurtriers entre les forces loyales au GNA, exécutif dirigé par Fayez al-Sarraj, et celles du maréchal Haftar font rage au sud de la capitale Tripoli.

Selon des diplomates, le rapport s’interroge sur plusieurs interférences étrangères et évoque, outre les pays déjà cités, l’Égypte, la France, l’Arabie saoudite ou le Qatar.

Selon un autre diplomate s’exprimant aussi sous anonymat, le rapport n’évoque pas la présence de mercenaires russes en Libye. Plusieurs centaines d’entre eux auraient été déployés sur le territoire libyen ces derniers mois en soutien aux troupes du maréchal Haftar, selon des médias américains. Moscou a démenti jeudi ces informations des quotidiens New York Times et Washington Post.

Le rapport souligne par ailleurs que le trafic de migrants, « même réduit considérablement », « continue de financer des réseaux contribuant à l’instabilité ». Il dénonce aussi « quatre tentatives » par la National Oil Corporation dans l’est du pays « d’exporter illégalement du pétrole brut ». « Des produits raffinés continuent d’être détournés par voie maritime et terrestre, mais à un niveau inférieur à celui des années précédentes », selon les experts.

Le 26 juillet 2019, des avions appartenant au Gouvernement d’union nationale ont lancé des raids intensifs sur la base aérienne d’Al-Jafra, dans le centre de la Libye. Le gouvernement d’union nationale a déclaré dans un communiqué que ses raids visaient des drones « Wing Long » des EAU, ainsi que des avions utilisés pour transporter des mercenaires en Libye, selon le communiqué.

Le gouvernement a également déposé une plainte contre les EAU devant le Conseil de sécurité des Nations unies, l’accusant d ‘ »hostilité ».