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Les forces de Haftar, alliées des EAU, commettent “ des crimes contre les civils” en Libye

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Amnesty International a exprimé ses craintes grandissantes quant à la sécurité d’une députée du Parlement libyen, enlevée il y a près de quatre mois à Benghazi.

L’ONG Amnesty International a envoyé une lettre au Général Khalifa Haftar pour exiger

la libération immédiate et sans condition de Siham Sergewa et s’est déclarée gravement préoccupée par le risque de torture que pourrait subir Sergewa.

Cette femme politique a disparu le 17 juillet à Benghazi, siège du Parlement élu, après l’attaque de son domicile par un groupe armé, au lendemain de son intervention sur la chaîne Libya al-Hadath, télévision proche de l’homme fort de l’est libyen Khalifa Haftar dont Benghazi est le fief.

Dans son intervention, Siham Sergewa avait appelé à l’arrêt des combats et dénoncé le « radicalisme » de certains députés acquis à la cause d’un camp ou de l’autre, responsable selon elle de la division du Parlement. Le maréchal Haftar a lancé le 4 avril une offensive pour tenter de prendre la capitale Tripoli, où est basé le Gouvernement d’union nationale (GNA), reconnu par l’ONU.

La députée « semble avoir subi cette attaque en punition pour avoir exprimé pacifiquement ses opinions et critiqué l’Armée nationale libyenne (ANL) » autoproclamée par Khalifa Haftar, estime Magdalena Mughrabi.

Des témoins de l’attaque ont indiqué que les assaillants étaient affiliés à l’ANL, selon le communiqué d’Amnesty, dans lequel il est précisé que le mari de la députée a été blessé à la jambe par un tir et son fils de 16 ans « violemment battu ». Un graffiti indiquant « l’armée est une ligne rouge » a été peint dans leur maison, a indiqué l’ONG, précisant qu’un témoin avait vu le groupe armé arriver dans des voitures sur lesquelles on pouvait lire « police militaire ».

Le général Ahmed al-Oraibi, chef adjoint des renseignements et ancien maire de Benghazi, a été arrêté avant d’être libéré.

Les comités gouvernementaux en Libye s’emploient depuis longtemps à collecter des preuves à la CPI par l’intermédiaire de son représentant pour “prouver les crimes de Haftar” et de ses partisans, en particulier les Émirats arabes unis.

Le président du Conseil présidentiel du gouvernement libyen d’entente nationale, Fayez al-Sarraj, a appelé la Cour Pénale Internationale (CPI) à enquêter sur “les crimes et les violations” commis par les forces de Khalifa Haftar et à les traduire en justice.

Dans un message adressé à la procureure générale de la CPI, Al-Sarraj a indiqué que la Cour libyenne fournira à la CPI tous les documents et les preuves nécessaires.

Le président du Conseil présidentiel a souligné que les forces de Haftar commettent “ des crimes contre les civils et contre l’Humanité et détruisent l’infrastructure par les armes lourdes, interdites dans les villes “.

Al-Sarraj a ajouté que les forces de Haftar ont “visé les maisons des citoyens, les écoles et les hôpitaux “ en plus de “ l’enrôlement des enfants et des abus contre les prisonniers et les corps des personnes tuées “. Il a considéré, dans ce contexte, qu’il s’agit de « crimes de guerre ».

Il a appelé à traduire en justice les éléments impliqués dans ces crimes, dont principalement le général à la retraite, commandant des forces de l’est, qui a donné l’ordre d’attaquer la capitale Tripoli.

Depuis le 4 avril, des affrontements ont lieu, dans la capitale libyenne Tripoli, entre les forces du gouvernement d’entente nationale et les forces de Khalifa Haftar. Ces dernières avaient lancé une opération militaire pour prendre la main sur Tripoli, sauf qu’elles se trouvent incapables d’avancer face aux forces du gouvernement.

Le conflit sur le pouvoir se poursuit en Libye, depuis 2011, entre le gouvernement d’entente nationale, reconnu à l’échelle internationale, et Haftar, soutenu par le parlement de Toubrouk.