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L’FIDH organise un rassemblement de solidarité avec le militant Ahmed Mansoor devant le Parlement européen

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La Fédération Internationale des Droits de l’Homme et du Développement (FIDH) a organisé lundi, un stand de solidarité avec le militant des droits de l’homme Ahmed Mansoor, sur la place du siège du Parlement européen dans la capitale belge, Bruxelles.

La Fédération a appelé la communauté internationale à sauver la vie de Mansoor, compte tenu de la grave détérioration de son état de santé en prison aux Emirats arabes unis, qui s’est aggravée par les coups, les mauvais traitements, les périodes prolongées d’isolement et ses conditions éprouvantes de détention.

Les sympathisants ont allumé des bougies à la porte du Parlement européen et ont signé une pétition adressée à la commission des droits de l’homme du Parlement européen pour réclamer la libération inconditionnelle d’Ahmed Mansoor.

Des rapports de « Human Rights Watch » et du « Gulf Center for Human Rights » ont signalé une grave détérioration de la santé de Mansoor après plus de trois ans d’isolement cellulaire sans produits de première nécessité.

Les deux organisations ont révélé dans une déclaration conjointe qu’entre décembre 2017 et mars 2018, les autorités ont retiré le lit de Mansour et l’ont privé de vêtements d’hiver ou d’eau chaude pour le laisser exposé au froid hivernal dans sa cellule.

Mansoor, 51 ans, a été diagnostiqué comme souffrant d’hypertension à la fin de 2018 et aucun médicament n’a été donné pour le traiter, ce qui lui fait courir un risque élevé de maladie cardiaque.

Des rapports ont également montré que les autorités des EAU forcent Mansoor à dormir à même le sol, sans lit ni matelas, dans une petite cellule d’isolement, sachant qu’il a entamé une grève de la faim à deux reprises en 2019, ce qui a suscité des inquiétudes quant à sa santé. Des appels mondiaux ont été lancés en faveur de sa libération immédiate et inconditionnelle.

Ahmed Mansoor a été arrêté chez lui le 20 mars 2017 et maintenu en détention dans un lieu secret pendant plus de six mois. Il n’a pas été autorisé à consulter un avocat, a eu peu de contact avec sa famille et a été placé en détention à l’isolement.

Le 29 mai 2018, il a été déclaré coupable d’accusations vagues, à savoir “ atteinte au statut et au prestige des Émirats arabes unis et de leurs symboles, y compris de leurs dirigeants “, “ publication de fausses informations dans le but de nuire à la réputation des Émirats arabes unis à l’étranger” et “ présentation des Émirats arabes unis comme une terre sans loi”.

Il a été condamné à 10 ans de prison et à une amende de 1 000 000 de dirhams émiriens (247 000 euros), ainsi qu’à trois ans de mise à l’épreuve après sa libération. Sa condamnation a été confirmée en appel en décembre 2018.

En mai 2019, Ahmed Mansoor a observé une grève de la faim pendant un mois pour protester contre sa condamnation inique et ses conditions de détention à la prison d’al Sadr.

En septembre 2019, il a été roué de coups au motif qu’il continuait de se plaindre et a entamé une nouvelle grève de la faim. Néanmoins, il est toujours détenu à l’isolement, dans sa cellule sans eau courante ni lit, qu’il n’est pas autorisé à quitter sauf pour recevoir les visites de sa famille.

Ahmed Mansoor est connu pour dénoncer avec courage les violations des droits humains commises dans son pays. Il siège à la Commission consultative du Centre du Golfe pour les droits humains (GCHR) et de Human Rights Watch et a reçu le prix Martin Ennals 2015 pour les défenseurs des droits de l’homme.