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EAU: HRW et le Centre du Golfe pour les droits de l’Homme appellent à libérer le défenseur des droits humains Ahmed Mansoor

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Des organisations de défense des droits humains ont déclaré mardi craindre d’éventuelles représailles contre l’opposant émirati Ahmed Mansour, après la publication d’une lettre qu’il a écrite depuis sa cellule, dénonçant sa maltraitance en prison.

Mansour avait été condamné à 10 ans de prison en 2018 pour avoir “diffusé des fausses informations” sur les réseaux sociaux, un jugement qui, selon ces organisations, montre qu’il n’y a pas d’espace pour la liberté d’expression aux Emirats arabes unis.

Human Rights Watch (HRW) et le Centre du Golfe pour les droits de l’Homme avaient déclaré dans un rapport en janvier qu’il était détenu à l’isolement à la prison d’Al-Sadr, près d’Abou Dhabi, et que l’administration pénitentiaire lui refusait un lit et un matelas depuis son placement en détention en 2017. Mardi, les deux organisations ont exprimé leur inquiétude après la publication en fin de semaine dernière d’une lettre écrite par M. Mansour par un site arabophone basé à Londres.

Cette lettre décrit les conditions dans lesquelles il est détenu, à savoir “à l’isolement pour une durée indéterminée, privé des produits de première nécessité et de tout contact véritable avec les autres prisonniers ou le monde extérieur”.

Le directeur adjoint pour le Moyen-Orient de HRW, Michael Page, a appelé les Emirats arabes unis à autoriser immédiatement des observateurs indépendants à rendre à visite à M. Mansour. “Les autorités des Emirats arabes unis méprisent depuis longtemps l’Etat de droit et les droits des détenus, ce qui signifie que M. Mansour pourrait subir de graves représailles en prison”, ont déclaré les deux organisations.

En 2018, M. Mansour avait été reconnu coupable de tenter de nuire aux relations de son pays avec ses voisins en diffusant des fausses informations sur les réseaux sociaux, selon des médias émiratis. Son procès s’était déroulé en quasi totalité dans le plus grand secret.

Ahmed Mansour, l’un des plus éminents défenseurs des droits humains aux Emirats arabes unis, a reçu en 2015 le prestigieux prix Martin Ennals pour son travail de documentation sur la situation des droits de l’Homme dans le pays. Il avait déjà été condamné à trois ans de prison en 2011 — au début du Printemps arabe — lors d’un premier procès jugé “manifestement injuste” par des groupes de défense des droits humains. L’opposant avait été gracié par le président émirati la même année, mais privé de son passeport et interdit de voyage à l’étranger.