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Rapport de l’ONU: Les autorités des  EAU harcèlent des membres de la famille des activistes et des prisonniers d’opinion

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Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) a fait état ce jeudi d’une augmentation des actes d’intimidations et des cas représailles à l’encontre de militants des droits de l’homme ou de membres de la société civile aux émirats arabes unis.

“Le Haut-Commissariat a reçu davantage d’informations sur des actes d’intimidation ou de représailles dirigés contre ceux qui coopèrent avec l’Organisation des Nations Unies dans le domaine des droits de l’homme”, ont dénoncé les services de la Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, ajoutant que cette situation “reflète une augmentation des cas dans le monde”.

Parmi les cibles, des militants victimes de détention et de peines de prison ou d’actes d’intimidation.

“Nous avons des cas graves où les autorités menacent et harcèlent des membres de la famille des activistes”, a déclaré le Sous-Secrétaire général des Nations Unies aux droits de l’homme, Andrew Gilmour, qui a présenté au Conseil des droits de l’homme à Genève, le nouveau rapport du Secrétaire général.

Le rapport a évoqué quatre cas, dont les trois femmes détenues dans les prisons des EAU, Alia Abdulnour, décédée cette année en prison, et Maryam al-Balooshi et Amina al-Abdouli, détenues pour des motifs de liberté d’opinion et d’expression. Le troisième était un détenu libanais dont la famille avait été harcelée.

Alia Abdel Nour âgée de 42 ans est décédée aux Émirats arabes unis le 4 mai, après avoir été privée de soins médicaux adéquats pendant plus de trois ans et subi des mauvais traitements au cours de cette période.

Elle a été arrêtée en juillet 2015 selon sa famille, et condamnée pour “ terrorisme” en 2017 dans une “affaire entachée de violations du droit à une procédure régulière” , d’après Human Rights Watch (HRW) .

Elle a été accusée de financer des groupes jihadistes, de gérer des sites web illégaux et de publier des informations à leur sujet, selon des journaux locaux.

Human Rights Watch (HRW) a accusé les autorités des Emirats arabes unis d’avoir maltraité et refusé des soins médicaux adéquats à une femme en phase terminale de cancer et qui est en prison pour “terrorisme“.

Le groupe de défense des droits humains basé à New York a déclaré qu’Alia Abdel Nour, 42 ans, avait reçu un diagnostic de cancer du sein après son arrestation en 2015 et qu’elle se voit refuser depuis des contacts réguliers avec sa famille.

“Alia Abdel Nour devrait pouvoir passer ses derniers jours sous la surveillance de sa famille, et non de gardiens de prison qui la maintiennent enchaînée à un lit d’hôpital”, a déclaré Sarah Leah Whitson, directrice de HRW pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, dans un communiqué.

L’ONG a appelé les autorités des Emirats à libérer Alia Abdel Nour “compte tenu de son état actuel”. Sa famille dit qu’elle a été forcée de signer un document indiquant qu’elle refusait la chimiothérapie, a ajouté HRW. Toujours selon l’organisation, la détenue a également déclaré que ses gardiens l’avaient soumise à “des traitements cruels, inhumains ou dégradants”.

Le rapport a révélé le cas de Mariam al-Balushi, qui a été arrêtée le 19 février 2015 et accusée de financer des groupes “terroristes” pour avoir fait des dons à une famille syrienne.

Elle a été transférée dans un centre de détention où elle est restée pendant cinq mois. Elle a été interrogée et menacée de viol.  Al Balooshi a été condamnée à 5 ans de priso à la prison d’Al Wathba.

En octobre 2016, la Chambre de sûreté de la Cour suprême fédérale a rendu son verdict concernant l’affaire du frère et de la sœur Alabdouli. Mme. Amina Alabdouli, a été condamnée à cinq ans de prison et à une amende de 500 000 dirham (136 000 dollars) en plus de se voir confisquer ses appareils électroniques. Le jugement était fondé sur la loi fédérale no. 7 de 2014 sur la lutte contre le terrorisme.

Ahmad Ali Mekkaoui, un ressortissant libanais, est détenu au secret depuis le 11 avril 2019. Il court un risque accru de subir des actes de torture et d’autres mauvais traitements.

Ahmad Ali Mekkaoui purge une peine de 15 ans de réclusion aux Émirats arabes unis pour “terrorisme”.

Les procédures judiciaires à son encontre ont été entachées de graves irrégularités – détention arbitraire, détention provisoire d’une durée excessive, “aveux” forcés, allégations de torture et manque d’accès à des soins médicaux, entre autres.

Le 13 octobre 2014, des agents de la sûreté de l’État, en tenue civile, ont arrêté arbitrairement Ahmad Ali Mekkaoui à son domicile, dans l’émirat d’Abou Dhabi. Ahmad Ali Mekkaoui n’a pu appeler sa femme que deux fois au cours de ses deux premiers jours de détention, et lui a dit qu’il était “très fatigué “.

Sa famille n’a eu aucune nouvelle de lui les neuf mois qui ont suivi, durant lesquels il a été détenu au secret dans un lieu non révélé. Au cours de cette période, Ahmad Ali Mekkaoui a été maintenu à l’isolement et contraint à signer des “aveux” sous la torture. Il a été scalpé, violé au moyen d’une tige en acier, frappé au visage, et privé de sommeil durant deux semaines.

Ces mauvais traitements ont eu des conséquences : perte de la vision d’un œil, nez et doigts cassés, déchirure du rectum et présence d’une grosseur dans le cou, notamment. Ahmad Ali Mekkaoui a subi trois opérations à l’hôpital militaire Zayed, à Abou Dhabi. En octobre 2018, le journal libanais al Akhbar a diffusé des enregistrements audio d’Ahmad Ali Mekkaoui, dans lesquels celui-ci décrivait les actes de torture qu’on lui avait infligés.

En janvier 2016, soit 14 mois après l’arrestation d’Ahmad Ali Mekkaoui, son procès s’est ouvert devant la Chambre de sûreté de l’État de la Cour suprême fédérale. Ahmad Ali Mekkaoui était jugé aux côtés de six autres accusés.

Le 31 octobre 2016, le tribunal a condamné Ahmad Ali Mekkaoui à 15 ans de réclusion pour “ communication avec le Hezbollah”, un parti politique et groupe armé chiite basé au Liban, “dans le but de porter atteinte au statut militaire et politique des Émirats arabes unis et à leurs intérêts nationaux, de révéler au Hezbollah des informations classées secret défense et de créer une organisation internationale à l’intérieur des Émirats arabes unis sans avoir obtenu l’aval des autorités.”

La condamnation était définitive et non susceptible de recours, car elle avait été prononcée avant que les Émirats arabes unis n’introduisent une nouvelle loi (la Loi fédérale n° 11 de 2016) prévoyant une procédure d’appel pour les affaires relatives à la sûreté de l’État.

Le 15 septembre 2017, le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire a rendu un avis (Avis n° 47/2017) dans lequel il estimait que la  “privation de liberté” d’Ahmad Ali Mekkaoui était arbitraire.

Le 11 avril 2019, Ahmad Ali Mekkaoui a appelé ses proches et leur a dit que le parquet avait engagé de nouvelles poursuites contre lui pour “atteinte à la réputation des Émirats arabes unis “, à la suite d’une interview télévisée au cours de laquelle son avocat libanais et sa sœur avaient évoqué sa situation.