Emirates Fuites

Une Britannique va poursuivre en dommages et intérêts un membre de la famille royale des Émirats arabes unis qu’elle accuse d’agression sexuelle

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Une femme britannique qui a accusé un membre de la famille royale des Émirats arabes unis de l’avoir agressée sexuellement a déposé une demande officielle de dommages et intérêts.

Caitlin McNamara réclame des dommages et intérêts pour les multiples agressions sexuelles et la séquestration dont elle aurait été victime de la part du cheikh Nahyan bin Mubarak Al Nahyan le 14 février 2020 dans une résidence privée d’Abu Dhabi.

Ses avocats ont déclaré aujourd’hui qu’elle était contrainte d’entreprendre cette démarche après le refus des autorités britanniques de poursuivre Nahyan, le ministre de la tolérance et de la coexistence des Émirats arabes unis.

En effet, la lettre donne au cheikh l’occasion de lever les bras et de proposer éventuellement un règlement à l’amiable. La probabilité d’un tel accord reste une question ouverte.

Selon le cabinet d’avocats Carter-Ruck, qui a été engagé par M. McNamara, une procédure civile sera engagée si nécessaire devant la Haute Cour de Londres.

Mme McNamara, qui organisait le premier festival Hay à Abu Dhabi en février 2020, a rendu publiques ses accusations l’année dernière.

McNamara – qui a demandé une révision judiciaire de la décision du CPS et a été informé en décembre qu’elle était confirmée – a déclaré qu’il était difficile de ne pas se sentir comme un dommage collatéral dans le contexte de la relation de la Grande-Bretagne avec les EAU.

Interrogée par l’AFP, la police britannique a expliqué avoir été contactée le 3 juillet par une femme «pour signaler un viol». Elle a été entendue pour «cette infraction qui aurait eu lieu en février 2020 (…) en dehors du Royaume-Uni», a-t-elle précisé.

Le Sunday Times relaie dans le détail dimanche le témoignage de cette femme, Caitlin McNamara, 32 ans, qui préparait le lancement du festival littéraire Hay aux Emirats arabes unis.

SMS et relevés téléphoniques à l’appui, elle affirme avoir été conduite, le soir du 14 février, dans une luxueuse villa où l’attendait Moubarak al-Nahyane, 69 ans, ministre de la Tolérance et membre de la richissime famille royale régnante d’Abou Dhabi.

Elle pensait y parler de l’organisation du festival, auquel devaient participer de grands noms de la littérature. Mais selon elle, le cheikh a rapidement commencé à lui infliger des attouchements avant de l’agresser sexuellement sur un lit où il l’avait poussée.

Sollicité pour un commentaire par l’AFP, le ministère émirati n’a pas donné suite.

Cité par le Sunday Times, le cabinet d’avocats Schillings, qui représente le ministre, a «démenti». «Notre client est surpris et attristé par cette accusation, qui survient huit mois après l’incident présumé et par l’intermédiaire d’un journal national», a-t-il ajouté.

Caitlin McNamara explique être finalement parvenue à se dégager et à regagner son hôtel avant de fuir vers Dubaï, mais avoir reçu, dans les jours qui ont suivi, de nombreux SMS et appels de la part du ministre.

A Dubaï, elle a signalé les faits aux services consulaires britanniques le 16 février. Elle est ensuite partie à Oman avant de rentrer à Londres début mars.

Dans une déclaration transmise à l’AFP, la présidente du festival Hay, Caroline Michel, a estimé que l’agression présumée constituait «un odieux abus de confiance».

«Comme nous l’avons fait dès le départ, nous apportons tout notre soutien et notre assistance à Caitlin pour que son affaire soit portée devant la justice et que justice lui soit rendue», a-t-elle ajouté, soulignant que le festival ne retournera pas à Abou Dhabi «tant qu’il restera en poste».