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Un procès civil en Grande-Bretagne contre un ministre émirati pour agression sexuelle

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L’employée britannique Caitlin McNamara a annoncé son intention d’intenter une action civile en justice dans son pays contre le ministre émirien de la « Tolérance » Nahyan bin Mubarak Al Nahyan pour agression sexuelle contre elle.

McNamara a déclaré que la seule voie légale qui lui restait à présent serait de déposer une plainte civile contre Al Nahyan après des mois de non-responsabilité.

Dans un article publié dans le journal britannique The Guardian, McNamara a raconté toute l’histoire de son travail aux Émirats arabes unis, puis son exposition à des agressions sexuelles de la part du ministre émirati.

Elle a indiqué avoir révélé l’agression dont elle avait été victime pour la première fois en novembre dernier, mais elle regrette qu’Al Nahyan n’ait pas encore été tenu pour responsable.

SMS et relevés téléphoniques à l’appui, elle affirme avoir été conduite, le soir du 14 février, dans une luxueuse villa où l’attendait Moubarak al-Nahyane, 69 ans, ministre de la Tolérance et membre de la richissime famille royale régnante d’Abou Dhabi.

Elle pensait y parler de l’organisation du festival, auquel devaient participer de grands noms de la littérature. Mais selon elle, le cheikh a rapidement commencé à lui infliger des attouchements avant de l’agresser sexuellement sur un lit où il l’avait poussée.

Sollicité pour un commentaire par l’AFP, le ministère émirati n’a pas donné suite.

Démenti du ministre émirati

Cité par le Sunday Times, le cabinet d’avocats Schillings, qui représente le ministre, a démenti. Notre client est surpris et attristé par cette accusation, qui survient huit mois après l’incident présumé et par l’intermédiaire d’un journal national, a-t-il ajouté.

Caitlin McNamara explique être finalement parvenue à se dégager et à regagner son hôtel avant de fuir vers Dubaï, mais avoir reçu, dans les jours qui ont suivi, de nombreux SMS et appels de la part du ministre.

À Dubaï, elle a signalé les faits aux services consulaires britanniques le 16 février. Elle est ensuite partie à Oman avant de rentrer à Londres début mars.

Dans une déclaration transmise à l’AFP, la présidente du festival Hay, Caroline Michel, a estimé que l’agression présumée constituait un odieux abus de confiance.

Comme nous l’avons fait dès le départ, nous apportons tout notre soutien et notre assistance à Caitlin pour que son affaire soit portée devant la justice et que justice lui soit rendue, a-t-elle ajouté, soulignant que le festival ne retournera pas à Abou Dhabi tant qu’il restera en poste.