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Une plainte auprès des Nations Unies contre les Émirats arabes unis pour avoir empêché le fils tétraplégique d’un dissident émirati de voyager

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Muhammad Al Nuaimi est le fils de l’opposant politique émirati Ahmed Al Nuaimi, qui réside actuellement au Royaume-Uni (RU) et qui ne peut pas retourner aux Émirats arabes unis depuis 2012 par crainte d’être arrêté.

Muhammad Al Nuaimi a été placé sous le coup d’une interdiction de voyager en guise de représailles pour le militantisme de son père. Il réside actuellement à Sharjah, aux soins de sa grand-mère, et se trouve dans un état de tétraplégie. Il est séparé de son père, de sa mère et de ses cinq frères et sœurs, qui vivent actuellement au Royaume-Uni.

MENA Rights Group et ALQST for Human Rights soumettent une lettre d’allégation aux procédures spéciales de l’ONU, leur demandant d’appeler les autorités des EAU à lever l’interdiction de voyager imposée à Muhammad Al Nuaimi.

En avril 2012, Ahmed Al Nuaimi quitte les Émirats arabes unis pour un voyage d’affaires au Royaume-Uni. Il reste au Royaume-Uni après que les autorités émiriennes ont lancé une vague d’arrestations contre des universitaires, des avocats, des défenseurs des droits humains et des membres d’Al Islah.

En mars 2011, 132 militants, dont certains sont membres de l’association Da’wat Al Islah (Al Islah), ont signé une pétition appelant à une participation politique accrue et à des réformes constitutionnelles aux EAU. Les membres d’Al Islah et d’autres militants ont été arrêtés au cours de différentes vagues d’arrestations, à partir de mars 2012, et jugés dans le cadre d’une affaire qui est devenue connue sous le nom de « UAE 94. »

Ahmed Al Nuaimi, qui est le directeur du département de l’éducation d’Al Islah, se trouvait au Royaume-Uni pour un voyage d’affaires en avril 2012, au moment où la vague d’arrestations se déroulait. Craignant d’être arrêté pour avoir exercé son droit à la liberté d’expression et d’association, Al Nuaimi a décidé de ne pas retourner aux Émirats arabes unis. Il a par la suite été condamné, par contumace, à 15 ans de prison en 2013, à l’issue d’un procès qualifié d’inéquitable par le GAFI.

La famille d’Ahmed Al Nuaimi, y compris son fils Muhammad, qui avait 16 ans à l’époque, est restée aux Émirats arabes unis pendant la vague d’arrestations. À deux reprises, la famille a tenté de se réunir au Royaume-Uni. Cependant, lors de ces deux tentatives, ils se sont vus interdire de quitter le pays en raison d’une interdiction de voyager. En 2014, la femme et les cinq enfants (sur six) d’Al Nuaimi ont alors pu quitter le pays par une frontière terrestre, après quoi ils ont rejoint Al Nuaimi au Royaume-Uni.

Muhammad Al Nuaimi n’a toutefois pas été en mesure d’entreprendre un voyage aussi ardu en raison de son état de santé et de son handicap. Il ne peut toujours pas quitter les Émirats arabes unis en raison de l’interdiction de voyager imposée par les autorités, qui l’empêche de retrouver sa famille. L’infirmité motrice cérébrale de Muhammad Al Nuaimi nécessite des soins constants : il s’alimente par des tubes, il a besoin de médicaments réguliers et il doit changer fréquemment de position lorsqu’il est allongé.

Son père, Ahmed, a tenté à plusieurs reprises d’entrer en contact avec les autorités des Émirats arabes unis afin de s’enquérir de la possibilité d’autoriser son fils à se rendre au Royaume-Uni.

Les autorités des Émirats arabes unis ont cependant toujours refusé de discuter de cette question ou de prendre des mesures à cet égard.

Le 19 mars 2021, MENA Rights Group et ALQST for Human Rights ont soumis une lettre d’allégation au Rapporteur spécial des Nations Unies sur la liberté d’expression, au Rapporteur spécial sur le droit à la santé physique et mentale, au Rapporteur spécial sur le droit à la liberté de réunion pacifique et d’association, et au Rapporteur spécial sur les droits des personnes handicapées.

Dans cette lettre, MENA Rights Group et ALQST demandent instamment aux procédures spéciales de l’ONU d’intervenir auprès des autorités émiriennes et d’appeler à la levée de l’interdiction de voyager imposée à Muhammad Al Nuaimi, afin qu’il puisse retrouver sa famille.